Paix en Palestine : Encore une résolution ?

Par Une voix de Jérusalem pour la justice

Peace in Palestine Paix en Palestine

Un prétendu plan de paix en Palestine proposé par le président Donald Trump a été approuvé par un vote du Conseil de sécurité des Nations Unies en début de semaine. Il vise à faire avancer un processus qui a débuté le mois dernier avec un cessez-le-feu à Gaza, qu’Israël a violé à plusieurs reprises, avec des conséquences meurtrières. Si la résolution a été saluée dans certains milieux comme ouvrant une voie potentielle vers la paix, des questions subsistent quant à la justice et à la durabilité de cette paix.

Cette déclaration sur la résolution a été émise par Une voix de Jérusalem pour la justice, qui a demandé à Développement et Paix – Caritas Canada de l’aider à la diffuser. Il s’agit d’un collectif qui sert de « témoin œcuménique pour l’égalité et une paix juste en Palestine/Israël ». Nous avons partagé d’autres missives de leur part en avril et en juin. Le collectif comprend Sa Béatitude Michel Sabbah, patriarche latin émérite de Jérusalem, et l’éminent érudit jésuite, le père David Neuhaus. L’année dernière, le père David a retracé l’histoire du conflit israélo-palestinien et répondu aux questions de nos membres à ce sujet.

Jérusalem, le 19 novembre 2025

La résolution 2803 (17.11.2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies, basée sur un projet de l’administration américaine, a été acceptée par treize des États membres du Conseil de sécurité, tandis que deux (la Russie et la Chine) se sont abstenus. La résolution vise à créer un « Conseil de paix », présidé par le président Trump, qui superviserait une force internationale de stabilisation.

Le cessez-le-feu négocié par les États-Unis le 4 octobre 2025 et cette résolution présentent certains aspects positifs : moins de génocide, moins de domicide, moins de déplacements et moins de démantèlement des quelques institutions palestiniennes qui subsistent encore. Cependant, malgré le cessez-le-feu, la destruction de Gaza et de sa population se poursuit. (Environ 250 Gazaouis ont été tués et environ 650 blessés depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu). La résolution de l’ONU conduira-t-elle à l’autodétermination des Palestiniens ? Elle conditionne l’autodétermination à des « réformes » palestiniennes. Les réformes envisagées visent-elles à mettre fin à la corruption et à la mauvaise administration ou cherchent-elles à imposer l’acceptation des contraintes israéliennes/américaines sur l’autodétermination ? Le droit d’un peuple à l’autodétermination ne peut être conditionné, surtout pas par ceux qui ont empêché cette autodétermination pendant des décennies. De plus, l’autodétermination commence par un processus démocratique libre, sans ingérence israélienne ou américaine.

Cette résolution comporte également des aspects négatifs. Elle rappelle le colonialisme traditionnel : l’administration de Gaza par des étrangers, avec à leur tête le président américain. Sans aucun doute, l’aspect le plus négatif de la résolution est son manque de vision globale. Elle ignore les réalités en Cisjordanie (y compris à Jérusalem-Est) : le démantèlement violent des camps de réfugiés et des villages palestiniens, l’extrême violence de l’armée et de la police israéliennes, et en particulier des milices de colons juifs, les obstacles permanents à la vie quotidienne des Palestiniens qui y vivent et les tentatives d’effacement de leur identité. Dans l’ensemble, la résolution adopte une perspective problématique : que le problème a commencé le 7 octobre 2023. Cependant, cela ignore la véritable genèse du conflit.

Il n’y a pas d’issue possible si nous ne sommes pas prêts à repenser la situation mondiale en Palestine/Israël. Depuis la déclaration Balfour britannique (1917), le discours s’est appuyé sur une division entre juifs et non-juifs, établissant ainsi l’inégalité qui prévaut depuis lors. Le plan de partition de l’ONU de 1947 s’inscrivait dans la continuité directe de la domination coloniale britannique : la création forcée d’un État ethnocentrique juif. Les juifs sont liés à cette terre et ne sont pas de simples colons. Cependant, leur lien avec cette terre n’est pas exclusif et ne leur donne pas le droit de déposséder et de déplacer, de réprimer et d’occuper, de détruire et de commettre un génocide. Le démantèlement du système d’ethnocentrisme, de discrimination et d’occupation doit viser à intégrer les Israéliens juifs dans une nouvelle réalité qui s’ouvre à l’horizon : une société multiculturelle et pluraliste qui garantit l’égalité, la justice et la paix pour toutes les personnes qui vivent aujourd’hui en Palestine/Israël.

Signataires :

  • Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem (émérite)
  • Attallah Hanna, archevêque orthodoxe grec
  • Munib Younan, évêque luthérien de Terre Sainte (émérite)
  • M. Yusef Daher
  • Mme Sawsan Bitar
  • M. Samuel Munayer
  • Mme Dina Nasser
  • M. John Munayer
  • Mme Sandra Khoury
  • Révérend David Neuhaus, SJ
  • Révérend Frans Bouwen, MAfr
  • Révérend Firas Abdrabbo
  • M. Rafi Ghattas
  • Révérend Alessandro Barchi
  • et d’autres members

Effectuez votre recherche

Restez informé·e

Ne manquez rien sur le travail de nos partenaires internationaux ou sur nos campagnes de sensibilisation et de mobilisation.

Inscrivez-vous dès maintenant à notre infolettre.