Par Minaz Kerawala, conseiller en communication et relations publiques

Les forces d’occupation israéliennes ont bombardé une église de Gaza ce matin, tuant au moins trois personnes et en blessant plusieurs autres.
Développement et Paix – Caritas Canada (DPCC) condamne fermement cette attaque contre la paroisse emblématique de la Sainte Famille. Cette atrocité est la dernière en date d’une série d’attaques meurtrières systématiques et impitoyables menées par Israël contre des lieux de culte, des monuments culturels (voir article en anglais), des hôpitaux, des écoles et, plus récemment, même ses propres sites prétendument destinés à la distribution d’aide humanitaire.
Matinée de misère à l’église de Gaza
À 10 h 10, heure locale, un obus israélien a explosé près de la croix sur le toit de la Sainte Famille, la seule église catholique de Gaza, projetant des éclats d’obus et des débris partout dans l’enceinte. Des centaines de personnes de la communauté chrétienne du territoire, une minorité menacée dans son existence même, se sont réfugiées dans les locaux de l’église depuis le début de la guerre à Gaza.
L’explosion a fait au moins trois victimes, dont le concierge de l’église, M. Saad Salameh, 60 ans, et une paroissienne, Mme Fumayya Ayyad, 84 ans. M. Salameh, qui se trouvait dans la cour près du lieu de l’explosion, et Mme Ayyad, qui se trouvait dans une tente dans l’enceinte où Caritas Jérusalem fournit des services psychosociaux, ont tous deux été grièvement blessé·e·s. Ils ont été transportés vers un hôpital voisin, mais en raison du manque de ressources médicales et de sang transfusable causé par le blocus israélien, leurs vies n’ont pas pu être sauvées.
De nombreuses personnes ont également été blessées, dont le père Gabriel Romanelli, le curé de la paroisse que le défunt pape François appelait presque quotidiennement, même depuis son lit de mort. Heureusement, les premiers rapports indiquent que les blessures du père Gabriel ne sont pas graves. D’autres personnes, cependant, n’ont pas eu cette chance.
DPCC se joint au pape Léon XIV pour confier « à la miséricorde de Dieu les âmes des défunts ». Nous adressons nos sincères condoléances aux familles endeuillées et prions pour le prompt rétablissement des blessé·e·s.
Les chrétien·ne·s visé·e·s non seulement à Gaza
La campagne meurtrière d’Israël ne s’est pas limitée à Gaza, où elle a tué plus de 58 500 Palestinien·ne·s et en a blessé plus de 139 600 (voir aperçu en anglais). Depuis janvier 2024 seulement, les troupes israéliennes et les colons ont tué 633 Palestiniennes et Palestiniens et en ont blessé 4 931 en Cisjordanie (voir aperçu en anglais).
Les hostilités d’Israël sont souvent présentées à tort comme étant motivées par des préoccupations sécuritaires ou un conflit religieux avec les musulmans. Mais il s’agit en réalité d’une politique impérialiste qui n’épargne pas non plus les chrétien·ne·s pacifistes, au point que certains craignent la disparition même de la présence chrétienne en Terre Sainte.
Parmi les plus de 2 000 attaques menées par Israël en Cisjordanie depuis janvier 2024 (voir aperçu en anglais), figure celle contre Taybeh, le dernier village de Cisjordanie à avoir une population exclusivement chrétienne, dont nous avons rendu compte la semaine dernière. Non contents d’avoir presque entièrement incendié l’église historique Saint-Georges le 7 juillet 2025, les colons sont revenus le lendemain pour y mettre à nouveau le feu.
Après la deuxième attaque, le curé de la paroisse, le père Bashar Fawadleh, a déclaré : « Ce à quoi nous assistons n’est pas seulement du harcèlement, c’est l’effacement systématique de la présence chrétienne dans son berceau, dans la patrie de Jésus. » Il a appelé la communauté internationale « à encourager et à vérifier que des mesures appropriées soient prises pour protéger Taybeh et les villages alentour ».
Le Canada doit agir maintenant
DPCC juge inexcusable le refus du Canada d’agir pour mettre un terme à la campagne de meurtres de masse et de harcèlement criminel menée par Israël. Nous avons récemment félicité la ministre des Affaires étrangères Anita Anand pour avoir affirmé que l’utilisation de la nourriture comme outil politique par Israël était inacceptable. Nous avons également salué le Premier ministre Mark Carney pour s’être joint à ses homologues britannique et français en promettant des « mesures concrètes » si Israël ne cessait pas sa nouvelle offensive militaire et ne levait pas ses restrictions sur l’aide humanitaire. Nous exhortons le Canada à respecter cet engagement.
Étant donné qu’Israël continue de tuer et de déposséder les Palestiniennes et les Palestiniens en toute impunité, nous réitérons notre appel au Canada pour qu’il cesse toute exportation d’armes vers Israël, par tous les moyens et sous tous les prétextes, et qu’il utilise tous les moyens économiques, diplomatiques et politiques possibles pour obtenir :
- La fin immédiate et définitive de toutes les hostilités à Gaza ;
- La libération immédiate de tous les otages israélien·ne·s et des Palestinien·ne·s détenu·e·s illégalement ;
- La levée du blocus israélien sur Gaza ;
- L’entrée libre et sûre à Gaza d’une quantité illimitée d’aide humanitaire ; la remise de l’aide humanitaire aux agences des Nations Unies et aux autres acteurs de la société civile ; et la reprise complète des activités d’aide et de secours ;
- La fin de l’occupation illégale de la Cisjordanie par Israël et de l’expansionnisme et de la violence de ses colons ;
- Le lancement d’un processus de médiation internationale visant à établir une paix juste et durable pour les peuples israélien et palestinien.