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Notre action en Colombie

La situation

En 2016, après plus de 50 ans de conflit armé et de grande violence, l’État colombien a signé un accord de paix avec les Forces armées révolutionnaires de la Colombie (FARC). Malheureusement, comme nos partenaires dans le pays l’avaient prédit, cet accord n’a pas apporté la paix et la tranquillité. Les territoires ruraux dotés de richesses agricoles et minières souffrent tout particulièrement du néo-extractivisme et du trafic illégal de drogues, d’armes, de minerais et de personnes. La violence liée au conflit se poursuit, avec des abus, des meurtres, des massacres et des déplacements forcés massifs commis par des groupes armés : paramilitaires, forces armées de Colombie, dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et guérilleros de l’Armée de libération nationale (ELN).

La Colombie est le pays le plus meurtrier au monde pour les défenseuses et les défenseurs de la terre et de l’environnement.

La Colombie est le pays le plus dangereux du monde pour les défenseuses et défenseurs des droits de la personne ou de l’environnement. Selon Global Witness, 48 défenseuses et défenseurs des droits de la personne ont été assassiné·e·s en Colombie en 2024, ce qui représente un tiers de l’ensemble des attaques mortelles contre des personnes militantes dans le monde cette année-là. Les victimes sont surtout des paysannes et paysans, des autochtones, des dirigeants afro-colombien·ne·s, ou encore des journalistes. Historiquement, l’État colombien a fait peu de choses pour les protéger.

Après avoir remporté l’élection présidentielle en mai 2022, Gustavo Petro est entré en fonction en août en tant que premier président de gauche du pays. La militante écologiste Francia Marquez est devenue la première vice-présidente afro-colombienne. L’espoir était grand que ce nouveau duo représente une opportunité historique pour les défenseuses et défenseurs des droits de la personne et de l’environnement de pouvoir enfin travailler avec l’État au lieu d’être criminalisé·e·s par ce dernier. Nos partenaires espéraient que la Colombie serait enfin en mesure de s’attaquer aux inégalités socio-économiques profondément ancrées, comme la répartition inégale des terres, le manque de services publics, lesinégalités entre les femmes et les hommes, le racisme, le crime organisé et les déplacements forcés internes.

Cependant, le Centre international de surveillance des déplacements internes a indiqué que 293 000 personnes avaient été déplacées de force en Colombie en 2023, contre 339 000 en 2022. Cette légère baisse s’explique par les cessez-le-feu négociés entre l’État et certains groupes armés, notamment des dissidents des FARC et de l’ELN. Pourtant, ce chiffre, qui a de nouveau augmenté depuis, illustre clairement les risques auxquels les populations locales sont exposées au quotidien. La plupart des déplacements ont été causés par des attaques directes contre des civils et des affrontements entre groupes armés cherchant à étendre leurs territoires et leurs activités (notamment le trafic de drogue, l’exploitation forestière et minière illégales).

Les données du gouvernement colombien indiquent que plus de la moitié des déplacements forcés à l’intérieur du pays en 2023 ont eu lieu dans la région pacifique colombienne, touchant principalement les populations afro-colombiennes et autochtones. Les personnes habitantes des zones rurales (communautés paysannes, afro-colombiennes et autochtones) continuent d’œuvrer à la mise en œuvre de l’accord de paix de 2016, en particulier de la promesse de réforme agraire visant à réduire les inégalités rurales.

L’inflation et le chômage sont eux aussi en hausse, et une récession pourrait se profiler. Le crime organisé et l’insécurité menacent les défenseuses et les défenseurs des droits humains et affaiblissent la capacité du gouvernement à faire progresser la justice sociale. Les changements climatiques et la protection de l’environnement constituent un défi majeur. Des pluies de plus en plus violentes provoquent des inondations majeures, tandis que l’exploitation forestière et minière illégales causent de graves dommages à l’environnement. Selon Humanitarian Action, 6,9 millions de personnes en Colombie ont besoin d’une aide humanitaire, dont 2,8 millions de personnes réfugiées vénézuéliennes et des millions de Colombiennes et Colombiens déplacés par le conflit armé qui continue de semer la violence dans une grande partie des zones rurales.

Notre travail en Colombie

Justice écologique | Ecological justice icon
Justice écologique
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Justice pour les femmes
Paix et réconciliation | Peace and rconciliation
Paix et réconciliation
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Participation citoyenne

Développement et Paix ― Caritas Canada travaille en Colombie parce que c’est l’un des pays les plus inégalitaires du monde et parce que le pays n’a jamais connu de véritable réforme agraire. De plus, bien qu’il soit l’un des pays les plus riches en biodiversité au monde, la Colombie est l’un des pays les plus dangereux pour les défenseuses et les défenseurs des droits humains et de l’environnement. Sa biodiversité et ses populations, y compris les communautés vivant dans des environnements variés, sont gravement menacées par des projets agro-industriels, miniers et hydroélectriques, tous destinés au commerce extérieur.

Également, le conflit armé qui dure depuis plus de 50 ans a contraint des millions de Colombiennes et Colombiens en situation de pauvreté, en particulier les populations rurales, à quitter leurs terres et à perdre leurs moyens de subsistance. Nous continuerons à soutenir les organisations et les communautés colombiennes qui œuvrent pour instaurer la paix, accroître la participation des femmes et des jeunes aux affaires communautaires et politiques, et protéger l’environnement.

Notre programme en Colombie s’articule autour de deux thématiques : (1) le renforcement des organisations de défense du territoire et (2) la protection des populations et de l’environnement. Les populations autochtones, afro-colombiennes et paysannes sont les plus menacées, les plus marginalisées et les plus appauvries de la Colombie. Les territoires les plus menacés, tous situés en milieu rural, sont pillés pour leurs ressources, principalement par des projets agro-industriels de monoculture fortement polluants et orientés vers l’exportation, ainsi que par des projets miniers légaux et illégaux. Notre programme national se concentre donc sur les zones rurales et leurs habitants, en soutenant leur lutte pour les droits, la durabilité environnementale, l’égalité des genres, la participation citoyenne, des politiques publiques efficaces et la consolidation de la paix, avec une attention particulière portée aux femmes et aux jeunes autochtones, afro-colombiens et paysans.

Notre programmation dans le pays s’articule autour de quatre axes thématiques :

Justice écologique. En raison de l’importance de la biodiversité de la Colombie et de son Amazonie. Cette biodiversité et les populations rurales sont menacées par le néo-extractivisme axé sur l’exportation (agro-industrie et exploitation minière).

Justice pour les femmes. Les femmes sont les victimes invisibles des conflits armés, prises pour cible et exploitées par toutes les parties, tout en devant assumer la charge de subvenir aux besoins de leur famille dans des conditions dangereuses. Les femmes comptent parmi les personnes les plus touchées par les inégalités, la pauvreté et les conflits. Elles doivent jouer un rôle actif et engagé dans les initiatives de développement afin de promouvoir la justice sociale et la paix.

Participation citoyenne. Particulièrement parmi les groupes les plus marginalisés, tels que les femmes, les jeunes et les communautés rurales, en formant, en organisant et en mobilisant les communautés qui œuvrent en faveur des droits collectifs et du bien-être par le biais de politiques publiques dans les domaines de la santé, de l’éducation, du logement, de l’emploi, du développement durable et inclusif, ainsi que de la consolidation de la paix.

Paix et réconciliation. Les accords n’ont pas apporté la paix. La population doit être protagoniste dans l’édification d’une nouvelle culture de la paix, en construisant et en vivant la paix au quotidien. Après 50 ans de conflit, il faudra des décennies pour instaurer de nouvelles habitudes et de nouvelles façons de réagir et de penser, ainsi que de percevoir et de traiter les autres. Il est essentiel que les populations les plus vulnérabilisées et celles les plus touchées par le conflit (les femmes, les jeunes, les communautés autochtones, afro-colombiennes et paysannes) participent à la construction de cette nouvelle culture de paix.

Quelle est la prochaine étape de notre travail ?

Nous continuerons à travailler avec les communautés rurales touchées par le conflit armé et à promouvoir la paix et la durabilité environnementale sur leurs territoires. Nous continuerons à accorder une attention particulière aux femmes et aux jeunes autochtones, afro-colombiens et paysans qui sont membres et dirigeant·e·s d’organisations rurales. Nous soutiendrons leur action en faveur de l’inclusion sociale, du développement durable et de la paix, en répondant aux besoins des populations et à l’appel de la Terre. Nos partenaires, désireux de travailler sur les aspects agraires de l’accord de paix de 2017, préparent depuis un certain temps déjà leur participation et leurs propositions.

En octobre 2024, nombre de nos partenaires, anciens partenaires et alliés se sont rendus à la COP16 sur la biodiversité à Cali, en Colombie, afin de renforcer les liens entre biodiversité et climat. Ils ont également présenté des alternatives à l’extractivisme, promues par des groupes de la société civile (tels que les mouvements afro-colombiens, autochtones et paysans) comme solution pour préserver notre Maison commune.

NOUVEAU QUÉBEC SANS FRONTIÈRES | NQSF

PROJET VOIX SANS FRONTIÈRES - POUR LA DÉFENSE DE LA VIE ET DU TERRITOIRE

De 2022 à 2024, deux partenaires de Développement et Paix – Caritas Canada ont participé au projet Voix sans frontières – pour la défense de la vie et du territoire dans le cadre du programme Nouveau Québec sans frontières :  

  • Asociación Campesina de Antioquia (ACA, l’Association paysanne d’Antioquia) en Colombie et

     

  • ERIC-Radio progreso (Équipe de réflexion, d’enquête et de communication) au Honduras. 


Réalisé avec l’appui financier du
ministère des Relations internationales et de la Francophonie, le projet a eu plusieurs retombées positives dont :  

Découvrez les documentaires :

Colombie

Documentaire réalisé par l’ACA.

Image du documentaire : Solidaires pour la terre au Honduras

Honduras

Documentaire réalisé par ERIC-Radio Progreso.

Dans les coulisses de notre travail NQSF

Canada

Documentaire réalisé par DPCC.

Lisez les bulletins d’informations sur le projet créés par l’Asociación Campesina de Antioquia (ACA) :

Page couverture du bulletin d'information Voix sans frontière #1

Bulletin #1

2022 | C’est quoi Voix sans frontières ?

Page couverture du bulletin d'information Voix sans frontière #2

Bulletin #2

2023 | Semilleros creativos

Page couverture du bulletin d'information Voix sans frontière #3

Bulletin #3

2024 | RíoVerde

Ressources

Page couverture du rapport Venezuela (2020-2024)

Bilan d'activité

Réponse multisectorielle à la crise humanitaire des migrantes et migrants du Venezuela en Colombie (2020-2024)

Nouvelles du pays

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