Voyage de solidarité 2026 au Pérou (2e partie) : Un pays qui peut changer ta vie

Par Sylvie St-Pierre, secrétaire du conseil diocésain de St-Jérôme-Mont Laurier et participante au voyage de solidarité 2026

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C’est déjà la fin de notre voyage de solidarité de deux semaines au Pérou ! Nous rentrons la tête et le cœur remplis d’amour et d’émotions. Quel accueil nous avons reçu de tous nos partenaires et de toutes celles et ceux qui ont croisé notre chemin. Je pense aussi aux religieuses de la Casa de Las Doroteas qui nous ont chaleureusement ouvert leur couvent et offert de généreux repas.

Dès notre arrivée, nous avons exploré le voisinage et pris contact avec la population du quartier de Miraflores en allant se promener au très beau parc Del Amor qui présente des œuvres inspirées du célèbre Antonio Gaudi. Déjà la magie opère dans le groupe et une solide cohésion s’installe. Nous étions impatient·e·s de rencontrer nos partenaires et de les entendre nous parler de leurs projets et de leurs préoccupations.

Notre expérience débute avec la rencontre de José Luis Franco, architecte de notre programme concocté conjointement avec Mme Mary Durran, chargée de programmes à Développement et Paix – Caritas Canada pour le Pérou. Mme Silvia Caceres, directrice de l’Institut Bartolomé de Las Casas (voir le site Web en espagnol), association civile à but non lucratif fondée en 1974 par le théologien Gustavo Gutierrez et un groupe de professionnels catholiques, nous souhaite la bienvenue. C’est par l’intermédiaire de ce partenaire clé que nous rencontrerons par la suite quelques représentant·e·s des associations qu’il accompagne et d’autres partenaires très actifs comme le Centre Amazonien d’Anthropologie et d’Application Pratique (CAAAP, voir le site Web en espagnol) , le Centro Labor (voir le site Web en espagnol)  et la Commission épiscopale d’action sociale (CEAS, voir le site Web en espagnol).

Notre parcours a été enrichi de très nombreuses conférences animées par des partenaires engagés et des personnes très impliquées et très compétentes : avocates, sociologues, anthropologues, chercheures, professeures d’université, étudiantes et leaders autochtones, etc. Elles ont su nous exposer les graves problèmes auxquels les Péruviennes et les Péruviens sont confrontés chaque jour. On nous parle d’insécurité alimentaire, de contamination environnementale sauvage par l’exploitation minière et pétrolière, de déforestation, de destruction d’écosystèmes, de corruption, d’instabilité politique, de trafic humain, de groupes criminalisés impliqués dans le narco trafic, etc.

Les partenaires nous présentent également leurs domaines d’intervention ainsi que les moyens qu’ils mettent en œuvre pour soutenir les communautés touchées par ces problèmes sociaux, environnementaux, économiques, légaux et politiques. Ils forment les femmes, les jeunes et des leaders communautaires afin de les outiller pour se prendre en main, revendiquer leurs droits fondamentaux et défendre leur identité culturelle. Cependant, nous réalisons chaque jour davantage que la tâche est titanesque; les besoins sont tous aussi importants les uns que les autres.

J’ai constaté que la population souffre énormément et que les problèmes sont souvent complexes et interreliés. Je me sens vite submergée par la gravité de la situation et l’ampleur du travail à faire pour les soulager et leur donner une lueur d’espoir. Les visites sur le terrain m’ont littéralement bouleversée. Est-il juste que nos sœurs et frères soient contraints de vivre dans de telles conditions ? Les déversements de métaux lourds et les toxines dans l’eau et dans l’air par l’industrie minière ont des répercussions énormes sur leur santé et sur leur sécurité qui est souvent compromise. Parmi les conséquences de la pollution, on compte des problèmes de déficience intellectuelle chez certains enfants, diverses maladies et une espérance de vie réduite. Je ne peux que saluer le courage et la résilience des personnes qui survivent au milieu de telles souffrances.

Ce qui m’indigne par-dessus tout, c’est la cruauté de l’humain et sa recherche de pouvoir. On dit qu’il est capable du meilleur comme du pire, et j’ai malheureusement vu davantage du pire lors de notre voyage. Ces gens ne sont pas seulement appauvris, mais ils sont également défavorisés sur le plan social et politique et se sentent exclus. Malgré toute l’adversité et les difficultés rencontrées, ils sont déterminés à poursuivre la lutte pour améliorer leurs conditions de vie et faire valoir leurs droits à tous les niveaux (droits des femmes, à la justice sociale, à la terre, à l’eau potable, etc.). Chaque petit pas est une victoire; ils savent que la bataille sera longue et ardue.

Ce voyage m’a confirmé que notre solidarité porte ses fruits et renforce l’autonomie des communautés locales face aux difficultés. J’ai vu de près les réalités et les défis du terrain. Le Pérou m’a profondément marquée. Continuons d’accompagner, ensemble, celles et ceux qui œuvrent pour un changement durable. Soutenons Développement et Paix – Caritas Canada à notre mesure pour bâtir un avenir plus juste.

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