Par Richard Rusdashama, animateur pour l’ouest du Québec et l’est de l’Ontario

Le 17 octobre a été désigné la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté par la résolution A/RES/47/196 de l’Assemblée générale des Nations Unies, adoptée le 22 décembre 1992.
L’ONU a invité les pays membres à marquer cette journée en présentant et en promouvant des actions concrètes en faveur de l’éradication de la pauvreté. Sur cette lancée, le Canada n’a cessé de se joindre aux autres pays du monde pour souligner cette journée. En 2024 par exemple, la déclaration du Premier Ministre Justin Trudeau est revenue sur les différentes réalisations du Canada en faveur de l’éradication de la pauvreté, martelant entre autres, sa Politique d’aide internationale féministe et son adhésion au Pacte pour l’avenir adopté par l’assemblée générale des Nations Unies le 22 septembre de la même année.
Un pacte contre la pauvreté
Le point du Pacte pour l’avenir intitulé : « Le développement durable et le financement du développement » a beaucoup de ressemblances avec les 6 champs d’action de la politique canadienne d’aide internationale. Le paragraphe 19 de la résolution en vertu de laquelle le pacte a été adopté affirme avec éloquence : « Nous considérons que la pauvreté sous toutes ses formes et dans toutes ses dimensions, notamment l’extrême pauvreté, est le plus grand défi auquel l’humanité doive faire face, et qu’il s’agit d’une condition indispensable au développement durable ».
A travers ce pacte, auquel le Canada et les autres pays les plus riches ont massivement adhéré, la mobilisation du financement pour atteindre ses objectifs y apparait comme moteur du succès. Le mot « Financement » y est repris 49 fois dans un document de 67 pages.
De prime à bord, le constat semble clair. Le Canada et le monde comprennent très bien les défis auxquels les pays en situation de vulnérabilité font face, ainsi que leurs conséquences. Le fait qu’ils aient conclu un pacte qui propose non seulement des mesures pour relever ces défis, mais aussi des modalités de financement pour ces mesures, semble le confirmer.
Et pourtant…
Face à ce beau tableau, on se heurte à un paradoxe fort. Les pays les plus riches font volte-face au lendemain de leurs engagements. Ils décident de réduire drastiquement le budget qu’ils s’étaient engagés à consentir pour répondre aux défis qu’ils ont identifiés, et pour lesquels ils ont construit des plans d’attaque.
L’exemple du Canada est tout aussi saisissant. Malgré tous ces engagements auxquels il adhère et contrairement à la promesse électorale du Premier Ministre McCarney, le budget fédéral surprend. Les fonds alloués à l’aide publique au développement sont drastiquement revus à la baisse, tandis que les secteurs militaire et combustibles fossiles sont considérablement revus à la hausse.
Ici, certaines questions se posent avec acuité. Puisque le Canada et les autres pays riches ont mis en place tous ces plans pour une cause commune à l’humanité, ont-ils tout à coup oublié les conséquences de ces coupes budgétaires sur la vie des millions d’êtres humains dans le monde ? Se disent-ils que ce ne sont pas leurs affaires de toutes les façons ? Que loin des yeux…loin du budget ?
Non ! Et ils le savent très bien. Ils savent que ces coupures ont de graves conséquences humanitaires et que beaucoup n’y survivront pas. Ils savent que le réchauffement climatique, la destruction de la biodiversité, la flambée des prix des produits alimentaires… n’épargneront personne, riches comme pauvres, du Sud comme du Nord. Ils savent que les déplacements de population atteindront des proportions incontrôlables, alors que des millions de personnes désespérées fuiront simplement pour survivre.
C’est notre devoir de le leur rappeler !
Au Canada, notre démocratie donne aux citoyennes et aux citoyens un pouvoir puissant : Celui de pouvoir dire à leurs élu·e·s que le chemin emprunté n’est pas celui que la population désire et de leur proposer des solutions que les citoyen·ne·s jugent convenables, et ceci, dans le respect des lois et règlements.
Certes en démocratie, la voix d’un·e citoyen·ne a sa place, mais quand elle émane d’un groupe organisé autour d’un idéal, elle est puissante. Plus les membres de ce groupe sont nombreuses et nombreux, plus sa voix est percutante. Le groupe devient alors un interlocuteur incontournable.
Voulez-vous renforcer cette voix citoyenne ? Rejoignez notre campagne, Le Canada sur la voie de la justice ? Rejoignez-nous pour dire à nos élu·e·s que les membres de Développement et Paix – Caritas Canada sont là, nombreuses et nombreux à parler contre la pauvreté et pour la paix et la justice dans le monde. Venez rappeler au gouvernement les engagements que le Canada a pris. Venez rappeler au Canada que sa Politique d’aide internationale féministe doit être financée pour être fiable, qu’il est capable d’allouer plus de fonds à ces idéaux, et user de sa voix pour convaincre ses pairs à lui emboiter le pas.
Alors, l’action citoyenne vous interpelle ? Rejoignez notre mouvement pour amplifier la voix de la justice !