Par Caritas Internationalis

Israël a déjà tué plus de 57 000 Palestiniens à Gaza (voir aperçu en anglais). La semaine dernière, nous avons rapporté comment des civils qui se réfugiaient dans la seule église catholique de Gaza ont été ajoutés au nombre croissant de victimes d’Israël. À la suite de cet incident, Caritas Internationalis, la confédération mondiale des organisations catholiques d’aide humanitaire, de développement et de services sociaux dont Développement et Paix – Caritas Canada fait partie, a publié la déclaration suivante, que nous reproduisons ici avec leur autorisation.
Ce que Caritas voit :
Le jeudi 17 juillet, les forces israéliennes ont attaqué sans ménagement l’église de la Sainte Famille à Gaza, où 600 civils avaient trouvé refuge et sécurité, et où Caritas Jerusalem fournissait des services humanitaires, notamment des soins médicaux et un accompagnement psychologique. Malheureusement, trois personnes ont été tuées et au moins dix ont été blessées, dont deux grièvement.
Ce n’était qu’une des dernières attaques impitoyables contre la population civile de Gaza et ceux qui tentent de les aider et d’apporter une aide humanitaire.
Que ceux qui ont été tués reposent en paix, et que leurs familles et leur communauté trouvent une consolation à leur chagrin.
Aujourd’hui, à Gaza, Caritas Internationalis constate une situation horrible :
- 50 otages sont toujours détenus par le Hamas ;
- Toute la bande de Gaza est bombardée et rasée afin de la vider et de la rendre inhabitable ;
- des centaines de milliers de Palestiniens sont massacrés : les chiffres officiels ne comptabilisent que ceux dont le décès a été certifié dans les établissements de santé, et nous savons que beaucoup, beaucoup d’autres ont été tués ;
- la population est affamée jusqu’au seuil de la famine ;
- des enfants sont bombardés alors qu’ils attendent une nutrition thérapeutique ou des vaccins ;
- chaque jour, des dizaines de personnes sont abattues alors qu’elles font la queue pour obtenir de l’eau et de la nourriture : >750 tués, >5 000 blessés ;
- La nourriture, l’eau et d’autres besoins essentiels sont systématiquement bloqués et retenus à des niveaux purement symboliques ;
- les structures médicales sont détruites ou débordées, tuant patients et personnel soignant, tandis que la diarrhée et la méningite font rage, sans compter les blessés de guerre ;
- des centaines de travailleurs humanitaires et de journalistes ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions ;
- Le gouvernement israélien envisage d’expulser de force l’ensemble de la population de près de 2 millions d’habitants de Gaza vers un camp inexistant à Rafah, que Ehud Olmert, ancien Premier ministre d’Israël, a décrit comme un « camp de concentration » et « faisant partie d’un nettoyage ethnique » ;
- la violence et la dépossession ne cessent de croître en Cisjordanie du fait de la présence illégale de colons, en connivence avec les forces de sécurité israéliennes ;
- la violence contre les lieux de culte, les hôpitaux, les écoles et les camps de déplacés qui servent d’abri et de protection aux civils doit cesser.
Notre jugement :
À la lumière de l’Esprit qui nous guide, Caritas Internationalis condamne avec la plus grande fermeté tous ces actes et omissions. Ils représentent un mépris flagrant des valeurs et des principes fondamentaux de l’humanité et constituent une violation manifeste du Droit international, du Droit international humanitaire et du Droit international des droits de l’homme, ainsi que de nombreuses dispositions de conventions spécifiques des Nations Unies, y compris la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.
Tout soutien militaire ou implication de la part d’États tiers ou d’entités privées envers l’État d’Israël, ou toute aide ou complicité dans la persécution de la population civile palestinienne dans la bande de Gaza ou en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, pourrait constituer une complicité dans les horreurs qui sont perpétrées aujourd’hui en Palestine.
Notre appel à l’action :
Caritas Internationalis se joint au pape Léon XIV pour « appeler à un arrêt immédiat de la barbarie de la guerre et à une résolution pacifique du conflit ». Nous nous associons également au pape Léon XIV pour « renouveler [son] appel à la communauté internationale à respecter le droit humanitaire et l’obligation de protéger les civils, ainsi que l’interdiction de la punition collective, de l’usage indiscriminé de la force et du déplacement forcé de la population.
Par amour du Dieu d’Abraham et au nom de l’humanité, Caritas Internationalis, en tant que bras humanitaire de l’Église catholique, exige :
- que le gouvernement israélien mette immédiatement fin à ses atrocités et à la persécution des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est.
- Un cessez-le-feu immédiat et permanent afin de mettre fin à l’insupportable perte de vies humaines et à la souffrance.
- La libération immédiate de tous les otages israéliens et de tous les Palestiniens détenus arbitrairement.
- Un accès humanitaire immédiat, sûr et à grande échelle pour les organisations humanitaires indépendantes et professionnelles.
- La garantie de la protection de tous les civils, en mettant particulièrement l’accent sur les enfants, les femmes et les familles.
- La fin de l’occupation illégale par l’État d’Israël du territoire palestinien, conformément à l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) du 19 juillet.
- Que tous les autres pays cessent tout soutien militaire à l’État d’Israël ou tout autre soutien qui l’aide ou l’encourage dans ces atrocités.
La situation actuelle dépasse les frontières juridiques et morales. Ce n’est pas seulement pour la survie même des Palestiniens, pour leur vie et leur dignité, que nous formulons ces demandes, mais aussi par amitié, respect et souci de l’honneur et de la dignité des Juifs du monde entier. Nous voulons la paix. Nous devons empêcher que des graines de haine ne soient semées dans le cœur des jeunes Palestiniens et Israéliens, ainsi qu’ailleurs dans la région. Ces graines alimenteront les guerres au Moyen-Orient pour les décennies à venir. Nous devons briser les cycles de haine, de violence et d’indifférence internationale face à une immense souffrance humaine. Le silence face à cette situation est une forme de complicité.
En attendant, Caritas Jerusalem, avec Caritas Internationalis, tous nos membres à travers le monde et l’ensemble de la communauté humanitaire, est prête à répondre immédiatement et à grande échelle aux terribles conditions humanitaires à Gaza dès qu’un accès sécurisé sera accordé. Nous avons prouvé, lors du cessez-le-feu, que nous pouvions le faire et nous devons être autorisés à le faire à nouveau.
« Nous essayons toujours de rejoindre Gaza par tous les moyens possibles. . il est certain que nous ne les abandonnerons jamais. »
― Cardinal Pierbattista Pizzaballa
L’histoire ne pardonnera pas cette barbarie et cette complicité. Soyez du bon côté de l’Histoire.