Par Kiegan Irish, chargé de plaidoyer, et Dean Dettloff, chargé de plaidoyer et recherche

Développement et Paix – Caritas Canada (DPCC) exprime sa déception face au silence assourdissant du Canada concernant les engagements financiers en matière d’aide internationale et de développement dans son budget 2026-2027. Alors que le monde continue de faire face à des défis complexes et à des incertitudes, l’allocation de fonds à ces fins contribuerait à favoriser un avenir plus coopératif, plus pacifique et plus prospère pour toutes et tous, y compris le peuple canadien. Au lieu de cela, le gouvernement du Canada a choisi de continuer à suivre la tendance observée chez d’autres nations, qui consiste à se désengager de la tâche essentielle consistant à bâtir un monde qui fonctionne pour toutes et tous.
Il semble que le budget actuel maintienne des coupes importantes dans l’aide publique au développement (APD) par rapport au budget 2025-2026 malgré la promesse de campagne faite en 2025 par le Premier ministre Mark Carney de ne pas réduire l’aide internationale.
Le fait d’éviter de nouvelles coupes dans un budget déjà insuffisant n’est pas une raison de se réjouir, et nous restons déterminés à exhorter le Canada à augmenter ses dépenses en matière d’aide publique au développement. Au cours des derniers mois, des Canadiennes et des Canadiens passionnés par la solidarité internationale ont appelé, écrit et rencontré leurs personnes députées pour montrer que le gouvernement trouverait des soutiens dans tout le pays s’il choisissait de jouer un rôle de premier plan sur la scène mondiale en matière d’aide internationale et de développement. Il est regrettable que le gouvernement ait choisi d’ignorer ces voix.
En réalité, les questions liées à l’aide au développement à l’étranger, notamment l’aide humanitaire et le développement, n’apparaissent même pas dans le texte du budget.
Le Canada a encore un long chemin à parcourir avant d’être véritablement Sur la voie de la justice. Son budget 2026-2027 montre que le pays n’est pas prêt à reconnaître la nécessité d’augmenter le financement de l’aide internationale et du développement, ces secteurs mêmes qui rendent le monde plus sûr et plus fiable pour les Canadiennes et les Canadiens ainsi que pour nos sœurs et nos frères à travers le monde. Développement et Paix — Caritas Canada reste déterminé à soulever ces questions, dans l’espoir que le gouvernement puisse assumer un rôle de premier plan sur la scène internationale au profit des personnes les plus vulnérabilisées de la planète.
Le gouvernement a intitulé son budget « Maîtres chez nous ». Le Canada souhaite, à juste titre, s’affirmer sans dépendance risquée vis-à-vis des désirs ou des pressions extérieures. Cependant, sans lier nos destins à ceux des autres dans un esprit de solidarité, le Canada ne garantira pas un avenir prospère et pacifique à son peuple.
Dans la contribution prébudgétaire de DPCC adressée au gouvernement, nous avons cité les paroles stimulantes du pape François dans Fratelli Tutti, une encyclique qui a également inspiré l’œuvre du pape Léon XIV : « La véritable valeur des différents pays de notre monde se mesure à leur capacité à penser non seulement en tant que pays, mais aussi en tant que partie intégrante de la grande famille humaine » (§ 141). Une telle mesure est préoccupante à la lumière du budget 2026-2027. Nous gardons l’espoir que le Canada trouve encore le courage de s’engager sur la voie de la solidarité internationale, en reconnaissant que le destin du peuple canadien est indissociable de celui des peuples du monde entier.
Pour plus d’informations sur les dépenses du Canada en matière de solidarité internationale, consultez la Fiche thématique de notre campagne.