Par le père Bashar Fawadleh, curé, Patriarcat latin de Jérusalem, Taybeh, Palestine
Taybeh incarne mieux que presque tout autre endroit l’oppression exercée par Israël sur le peuple palestinien. Ce village, que l’on considère comme l’Éphraïm biblique où Jésus s’était autrefois réfugié, est la dernière communauté entièrement chrétienne qui subsiste en Palestine.
Elle est devenue la cible d’attaques répétées des colons israéliens qui, aux côtés des forces d’occupation, ont tué plus de 1 100 Palestinien·ne·s à travers la Cisjordanie depuis octobre 2023 (voir rapport en anglais). En juillet 2025, le père Bashar et ses homologues orthodoxes et melkites ont exhorté la communauté internationale à protéger Taybeh. Leur appel est resté sans écho; les attaques se sont poursuivies. Le curé a témoigné de l’aggravation de la situation lors d’un webinaire organisé par Développement et Paix – Caritas Canada en octobre 2025 et a réitéré son appel en juin 2026.
Le mois dernier, constatant que « les violences commises par les colons et l’expansion des colonies ont atteint des niveaux sans précédent », le gouvernement du Canada s’est joint à 11 autres pays occidentaux pour imposer enfin des sanctions qui, selon lui, visaient à « empêcher que la situation se détériore davantage ».
Malheureusement, comme le père Bashar est contraint de le rappeler une fois de plus au monde entier, la situation continue de se détériorer.
Déclaration d’inquiétude
La récolte des olives, l’accès aux terres et les familles de Taybeh
Chères amies et chers amis,
Je vous écris avec tristesse et une inquiétude grandissante pour les habitant·e·s de Taybeh, notre village chrétien de la Cisjordanie.
Au cours de la récolte d’olives de cette année, de nombreuses familles ont éprouvé de grandes difficultés à accéder à leurs terres. Dans certaines régions, des olives ont été volées et des oliviers endommagés, ce qui a réduit une récolte essentielle à la subsistance de notre communauté.
Depuis des générations, les oliviers nous assurent non seulement un revenu, mais constituent également un lien profond avec notre histoire, notre patrimoine et la terre sur laquelle nos familles vivent depuis des siècles. La récolte des olives est à la fois une nécessité économique et une expression importante de notre identité et de notre persévérance.
Cette année, les pertes ont été particulièrement douloureuses. De nombreuses familles produiront bien moins d’huile d’olive que ce dont elles ont besoin pour subvenir aux besoins de leur foyer. Certaines, qui ont passé leur vie à prendre soin de ces arbres, pourraient désormais se retrouver dans l’impossibilité de compter sur les fruits de leur propre terre.
Nous sommes profondément préoccupés par les répercussions que cette situation aura sur les familles qui font déjà face à d’importantes difficultés. Chaque récolte perdue exerce une pression supplémentaire sur les personnes qui s’efforcent de rester sur leurs terres et de préserver leur mode de vie.
Nous faisons donc appel à votre solidarité et à vos prières. Aidez-nous, s’il vous plaît, à sensibiliser le public à ces difficultés et à encourager toutes les personnes influentes et occupant des postes à responsabilité à soutenir la protection des agricultrices et des agriculteurs, à garantir un accès sécuritaire aux terres agricoles et à contribuer à prévenir d’autres dommages.
Votre soutien, votre voix et votre amitié sont une source d’encouragement. Ils rappellent aux habitant·e·s de Taybeh qu’ils ne sont pas oubliés et qu’ils ne sont pas seuls face à ces temps difficiles.

Avec toute ma gratitude et mes prières,
Le père Bashar Fawadleh
Curé de la paroisse latine de Taybeh
Patriarcat latin de Jérusalem