
Développement et Paix ― Caritas Canada condamne fermement l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro et de la première dame Cilia Flores par les États-Unis le 3 janvier, une violation inexcusable du droit international. Nous pleurons la mort d’une centaine de personnes qui auraient perdu la vie à la suite des attaques. Cet enlèvement fait suite à des mois de frappes illégales menées par les États-Unis contre des bateaux de pêche dans la région, qui ont tué des dizaines de personnes de la population civile.
Ce manque de respect envers la souveraineté du Venezuela soulève des préoccupations plus générales quant à l’appétit impérialiste croissant des États-Unis, qui ont récemment menacé ou déjà utilisé la force militaire contre d’autres pays, notamment la Colombie, Cuba, l’Iran, le Mexique, le Nicaragua, le Nigeria, le Panama et la Syrie, et ont sérieusement évoqué leur intention d’annexer le Groenland et le Canada.
En tant que mouvement de solidarité internationale au Canada guidé par l’Enseignement social de l’Église, nous affirmons les droits des nations à l’autodétermination et à l’indépendance, tels qu’énoncés au §157 du Compendium de la doctrine sociale de l’Église. Ces droits sont le fondement du droit international. Aucun pays n’a le droit de se désigner comme la force de police unilatérale du monde, ni le droit de disposer des ressources économiques d’un autre pays.
Comme l’ont souligné des partenaires tels que la Conférence épiscopale d’Amérique latine (CELAM ; voir l’original en espagnol ou la traduction en français) et l’Instituto Bartolomé de las Casas (voir l’original en espagnol ou la traduction en français), les actions des États-Unis au Venezuela constituent la dernière violation grave de la souveraineté nationale dans une longue histoire d’interventions privilégiant les intérêts économiques américains au détriment de la dignité des peuples. Ces actions doivent être rejetées sans équivoque.
Compte tenu de notre propre histoire de solidarité avec les peuples et les partenaires du Sud, nous connaissons bien les conséquences des interventions impérialistes, sachant qu’elles entraînent davantage d’abus, de violence et de répression sous le faux prétexte de la liberté. Ce n’est que par le dialogue, la participation citoyenne et l’autonomisation des personnes appauvries que les sociétés peuvent se renouveler pour la paix et la prospérité.
Comme l’a déclaré le pape Léon XIV dans un discours prononcé le 9 janvier devant les ambassadeurs auprès du Vatican, « Ces temps-ci, la faiblesse du multilatéralisme sur le plan international est particulièrement préoccupante. Une diplomatie qui promeut le dialogue et recherche le consensus de tous est remplacée par une diplomatie de la force, des individus ou de groupes d’alliés. La guerre est revenue à la mode et une ferveur guerrière se répand. »
Nous appelons le gouvernement canadien à dénoncer clairement la violence des États-Unis contre les Vénézuéliennes et les Vénézuéliens et l’enlèvement de Maduro et Flores, et à mener une politique étrangère indépendante fondée sur la paix, la réciprocité et le droit international. Le Canada a l’obligation d’agir ainsi en tant qu’État, et cela est dans l’intérêt de la population canadienne, qui est également menacée par la rhétorique de plus en plus belliqueuse des États-Unis. Le Canada doit défendre le droit international et condamner clairement toutes les violations de celui-ci, et non seulement certaines d’entre elles. Plutôt que d’ignorer ces violations et d’investir dans des solutions armées dans un monde de plus en plus dangereux, le Canada doit contribuer à ce que le pape Léon XIV a appelé une « paix désarmée et désarmante ».