Par Samuel Medernach, ambassadeur jeunesse pour l’Ouest canadien, Shanice Pinto et Oscar Baron Ruiz, représentant·e·s jeunesse d’Edmonton, et Mary Asumpter, représentante jeunesse de Dartmouth.

La jeunesse est présente et impliquée chez Développement et Paix – Caritas Canada. La preuve ? Plusieurs représentants·e·s jeunesse et un de nos ambassadeurs jeunesse étaient présent·e·s lors du Forum des peuples du Jubilé, tenu du 12 au 14 juin. Elles et ils ont tenu à partager leurs apprentissages et leurs expériences.
Sam, un ambassadeur jeunesse très présent
Le forum des peuples s’est concentré sur l’idée du Jubilé et sur la campagne Transformer la dette en espoir, offrant de nombreuses perspectives, approches et aperçus différents sur les problèmes qui affligent le monde. Des plongées profondes dans la dette économique et écologique ainsi que dans la manière dont les systèmes financiers internationaux sont mis en place pour bénéficier au Nord tout en ignorant ou même en dégradant activement le Sud ont fourni une base solide pour comprendre la campagne et la nécessité d’une réforme financière internationale, en particulier des systèmes d’endettement, ainsi que la nécessité de reconnaître la dette écologique due au Sud.

J’ai trouvé particulièrement précieux d’écouter les points de vue des partenaires mondiaux présents, les points de vue des autochtones locaux et du cardinal Pedro Barreto. Rencontrer le cardinal en personne et entendre son discours, ses préoccupations et ses appels à l’action m’a ému en tant que catholique et en tant que citoyen du Nord. Je me souviens en particulier de sa mention de la fumée à Calgary et du fait que les impacts climatiques affectent maintenant le Nord global, et de son espoir que cela pousse le Nord global à agir immédiatement. Écouter les histoires de Tareek et de Salomé1, ainsi que celles des nombreux dirigeants autochtones qui se sont exprimés lors du forum, a également été une expérience très transformatrice. C’est une chose d’apprendre que notre monde va mal, mais c’en est une autre de le ressentir. Pour moi, ce sentiment qui découle des récits et des histoires de première main est ce qui a véritablement transformé mon parcours et mon appel à défendre ce qui est juste et ce qui est nécessaire.
Le dernier aspect du forum que je mentionnerai est l’étonnante camaraderie que l’événement a favorisée. Au cours des repas, des discussions de groupe et d’autres occasions, j’ai pu rencontrer un large éventail de personnes partageant les mêmes idées et orientées vers la justice, dans tout le pays et au-delà. Je me sens enrichi à la fois par les informations que j’ai retirées du forum, par les expériences que j’ai vécues et par les liens que j’ai noués. J’ai hâte de ramener toute cette inspiration et cette formation chez moi et de m’en servir pour Transformer la dette en espoir !
Shanice, une représentante jeunesse inspirée

Voir des personnes d’origines et de confessions différentes se réunir pour comprendre et se mobiliser contre la dette injuste a été une véritable source d’inspiration. Pendant les trois jours du forum, nous avons été solidaires, écoutant, apprenant et essayant de comprendre les profondes injustices auxquelles les communautés du Sud et les peuples autochtones ont été confrontés pendant des générations et continuent d’endurer aujourd’hui.
Les présentations et les ateliers auxquels j’ai assisté tout au long du forum ont approfondi ma compréhension de la crise de la dette et de la manière dont elle peut être considérée à travers le prisme du Jubilé. Grâce à des activités telles que la fabrication de piñatas et de pancartes pour le rassemblement, j’ai également eu la chance d’entrer en contact avec d’autres jeunes adultes passionné·e·s. J’ai vraiment apprécié l’opportunité d’avoir des conversations significatives avec des personnes de tout le Canada qui sont profondément engagées à faire une différence positive.
Le forum m’a aidé à réfléchir au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui et à envisager un monde plus juste et plus compatissant que nous pouvons nous efforcer de construire ensemble.
Mary, une représentante jeunesse motivée
Nous nous sommes rassemblé·e·s au Forum des peuples du Jubilé pour joindre nos voix à celles de la communauté autochtone et des pays du Sud afin d’atteindre les oreilles des dirigeants politiques mondiaux réunis au sommet du G7 et d’exiger un avenir plus durable pour toutes et tous. Un monde où la justice économique et écologique et la décolonisation sont la norme et non l’exception.
Le premier jour de l’événement, les jeunes adultes se sont réuni·e·s avant le début officiel du programme. Ce fut une excellente occasion de rencontrer d’autres jeunes adultes d’autres régions qui partagent la vision du jubilé et sont prêt·e·s à faire entendre leur voix pour promouvoir le changement.
Le programme de quatre jours a eu un impact considérable. Le premier jour, le fait d’écouter et de dîner avec des personnes de différents groupes religieux m’a donné un sentiment d’appartenance et d’unité. Cela a mis l’accent sur l’objectif du jubilé, à savoir que nous sommes toutes des personnes et que nous devrions être traité·e·s avec dignité écologique et égalité. Le deuxième jour a été enrichi par des présentations qui expliquaient l’impact de la dégradation de l’environnement et de la pollution, en particulier dans les pays du Sud, les effets sur la santé et le cri des populations.
J’ai assisté à un atelier sur le Jubilé et la dette financière, et j’ai pu comprendre l’histoire de la dette du Jubilé, l’impact positif qu’il a eu il y a quelques années, et l’espoir de réaliser quelque chose de similaire et plus encore. Cet atelier a été très instructif, car il a expliqué le rôle que les dirigeants politiques mondiaux jouent continuellement dans la dégradation de l’environnement et l’exploitation économique, ainsi qu’une extension à d’autres organisations, telles que le FMI et la Banque mondiale.
Un autre atelier intéressant auquel j’ai participé s’intitulait « Conversation globale autochtone ». Il a été l’occasion de comprendre les expériences et les points de vue sur le Jubilé, la justice, la terre et son entretien dans toutes les parties du monde. Enfin, un atelier intitulé « Jouer la diversité des avenirs pour le changement social et le jubilé » a éveillé mon esprit sur l’avenir et sur la manière dont les changements d’époque peuvent avoir un impact sur la pensée critique à l’égard de l’avenir.
Le dernier jour du forum, j’ai eu le plaisir de participer à un théâtre de rue, et j’ai joué le rôle du FMI. Une démonstration complète du rôle que jouent les dirigeants mondiaux et qui a abouti à l’annulation de la dette et à une distribution égale des ressources.

Au cours de toutes ces expériences et de tous ces ateliers, j’ai ressenti un profond réveil de ma foi, car il s’agissait d’un rassemblement de différentes religions, qui s’unissaient pour le bien de toutes et tous. L’unité fait la force, et nous sommes tous embarqués dans un voyage qui commence avec le Christ et se termine avec lui.
Je suis le mieux placée pour comprendre et transmettre le message aux autres et j’espère que le changement que nous recherchons se produira.
Oscar, un représentant jeunesse passionné

La chose la plus étonnante que j’ai vécue la fin de semaine a été d’être témoin de l’œuvre de Dieu à travers nos actions collectives. Je me suis senti profondément béni de faire partie de ce qui, pour la première fois de ma vie, m’a semblé être un véritable rassemblement œcuménique. Quelle que soit notre appartenance religieuse, nous étions unis dans un même but : la poursuite de la justice sociale. Il était profondément émouvant de voir cet engagement commun en action, en particulier lorsque nous sommes conscients des privilèges que nous avons en vivant au Canada – et de la responsabilité qui en découle d’agir en solidarité avec les pays du Sud.
J’ai été étonné de voir à quel point nous étions toutes et tous alignés, inspiré·e·s non seulement par notre foi en Dieu, mais aussi par l’espoir que nous pouvons changer les choses. Notre conviction commune était claire : les pays du Sud méritent les mêmes opportunités que les pays du Nord. Remettre des dettes injustes n’est pas seulement un acte généreux, c’est un acte nécessaire à la survie de l’humanité.
En tant que catholique, j’ai été particulièrement heureux de constater le leadership et la présence du cardinal Pedro Barreto tout au long du forum. Je ne voudrais pas paraître présomptueux, mais le fait de voir un dirigeant de l’Église s’exprimer si souvent et si passionnément dans cet espace m’a rempli d’espoir et de fierté.
Les ateliers ont été l’un des moments les plus forts du forum. J’ai été ému par la diversité des dirigeants du Sud, en particulier par les propos de Tarek Al-Zoughbi, de la Palestine. Il a le don de toucher le cœur des gens et m’a aidé à ouvrir les yeux sur le fait que le silence face à l’injustice n’est pas une option. Les ateliers ont également mis en lumière les injustices commises au Canada. J’ai été choqué d’apprendre que certains enfants de familles immigrantes en Alberta – qui n’ont pas pu régulariser leur statut en raison de conditions de travail injustes – se voient refuser l’accès à l’éducation. Je n’aurais jamais imaginé que cela puisse se produire au Canada. Cela m’a rappelé avec force que de nombreuses personnes viennent ici pour fuir des circonstances difficiles et se heurtent à de nouvelles formes d’injustice.
Bien sûr, le rassemblement du dimanche a été incroyable. Voir tant de gens se rassembler et élever leur voix pour la justice, en s’adressant aux nations les plus puissantes de la planète, a été inoubliable. Plus tard dans la journée, nous nous sommes rendus à Canmore pour prendre la parole à Notre-Dame des Rocheuses, un sanctuaire catholique. Après la messe, de nombreuses personnes sont venues signer la pétition et nous ont remerciés de notre présence. Cela a vraiment ravivé notre désir de faire connaître cette campagne et l’impact urgent qu’elle a sur nos partenaires du Sud.




- Les partenaires de KAIROS, Tarek Al-Zoughbi de Wi’am : Le centre de transformation du conflit palestinien en Cisjordanie et Salomé Owuonda du Centre africain pour le développement durable et inclusif au Kenya, ont parlé des impacts de la dette économique et écologique sur leurs propres pays et à travers le Sud global. ↩︎