Par Jon Hansen, C.Ss.R., évêque de Mackenzie-Fort Smith, membre du Conseil national

Les récits de l’Avent de cette année s’inspirent des expériences vécues par les membres de la délégation de Développement et Paix ― Caritas Canada au Brésil lors du sommet sur le climat de la COP30 en novembre 2025.
« Vous le savez : c’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. »
― Romains 13:11-12
Cette histoire de l’Avent me trouve loin de chez moi, debout sur les rives d’un fleuve amazonien à Belém, au Brésil, alors que le monde se réunit pour la COP30. L’Avent est normalement une période d’attente tranquille, où les bougies brillent doucement dans l’obscurité. Mais ici, l’obscurité est différente. C’est l’obscurité de la perte : la perte des forêts, des maisons, des moyens de subsistance, des espèces et du fragile équilibre qui soutient la vie.
Et pourtant, c’est aussi un endroit où la lumière perce.
Je suis venu à la COP30 avec une petite délégation de Développement et Paix ― Caritas Canada, aux côtés de partenaires du Sud dont la vie est déjà marquée par les blessures des changements climatiques. Leurs récits sont douloureux : récoltes emportées par les inondations, terres ancestrales volées ou brûlées, enfants qui grandissent dans l’incertitude quant à leur avenir. Ce sont là aussi des vérités de l’Avent : honnêtes, douloureuses, aspirant à la rédemption.
Mais en les écoutant, quelque chose s’est éveillé en moi.
L’Avent ne consiste pas seulement à attendre la venue du Christ, mais aussi à prendre conscience de la présence du Christ là où il est déjà présent. Et ici, dans les chants des femmes autochtones qui manifestent pour leurs droits, dans la résilience patiente des familles qui protègent leurs forêts, dans le courage des évêques qui appellent à une nouvelle coalition entre le Nord et le Sud, le Christ est proche. Plus proche que nous le pensons.
À l’approche de la COP30, les évêques catholiques d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes ont publié un appel intitulé Un appel à la justice climatique et pour notre maison commune. Ce document plaide en faveur d’une relation de justice entre les nations, d’un partenariat suffisamment solide pour faire face ensemble à la crise climatique. Leurs paroles m’ont rappelé que l’Avent est aussi une période de relations. Dieu entre dans le monde non pas avec puissance, mais avec vulnérabilité. Non pas avec force, mais avec accompagnement. Non pas avec crainte, mais avec amour.
Et soudain, j’ai compris : c’est là notre tâche en tant que chrétiennes et chrétiens.
Accompagner les personnes vulnérabilisées.
Marcher dans la solidarité.
Être à l’écoute de la souffrance qui nous entoure et refuser de détourner le regard.
Il y a de la tristesse ici, à Belém, certes. Comment pourrait-il en être autrement, alors que la terre elle-même gémit ? Mais il y a aussi de l’espoir, un espoir tenace, un espoir de l’Avent qui refuse de mourir. L’espoir dans les communautés qui refusent d’abandonner. L’espoir dans les jeunes qui croient encore que le changement est possible. L’espoir dans le Christ qui vient discrètement, avec insistance, dans les endroits qui semblent les plus abandonnés.
À l’approche de Noël, je porte en moi les personnes que j’ai rencontrées en Amazonie. Leurs histoires font désormais partie de ma prière de l’Avent. Je demande à Dieu d’éveiller en chacune et chacun de nous un amour plus profond, un amour qui ne s’arrête pas au réconfort ou à la sympathie, mais qui se transforme en engagement, en action et en solidarité.
Car cette année, l’Avent n’est pas seulement une période d’attente.
C’est une période d’éveil.
Un éveil à notre maison commune, à notre humanité commune et au Dieu qui choisit de demeurer parmi les personnes appauvries, les personnes blessées et celles et ceux qui ont de l’espoir.
Et c’est là que Noël commence vraiment.