Un Avent d’appel prophétique

Par Luke Stocking, directeur de l’engagement du public

Les récits de l’Avent de cette année s’inspirent des expériences vécues par les membres de la délégation de Développement et Paix ― Caritas Canada au Brésil lors du sommet sur le climat de la COP30 en novembre 2025.

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée :
« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »
― Matthieu 3:1-2

L’Avent est un temps où nous accordons notre âme à la voix prophétique qui nous appelle à la repentance en préparation de la naissance de Jésus. Cette repentance exige des actes. « Produisez donc un fruit digne de la conversion », dit le Baptiste (Matthieu 3, 8).

Belém, au Brésil, n’est pas le désert de Judée. Les personnes que nous avons rencontrées là-bas lors de notre mission à la COP30 ne portaient pas de vêtements en poil de chameau. Elles ne mangeaient pas non plus de sauterelles et de miel sauvage. Mais la voix qui s’élève du désert amazonien n’en est pas moins prophétique, et nous avons joint notre voix à la leur.

Une pandémie mondiale, l’aggravation des crises politiques, la guerre et le génocide ont tous contribué ces dernières années à reléguer la crise climatique au second plan dans la conscience collective, du moins chez celles et ceux qui ne subissent pas les effets dévastateurs des phénomènes météorologiques extrêmes incessants. La COP30 a été la voix prophétique de l’Amazonie dont le monde avait besoin pour nous rappeler la grande tâche qui nous attend : la conversion écologique.

Selon un consensus scientifique de plus en plus large, la planète a franchi le seuil de 1,5 degré pour la première fois en 2024. Ce seuil correspond à la limite d’augmentation de la température mondiale par rapport aux niveaux préindustriels que l’accord de Paris sur le climat a jugé nécessaire pour limiter les souffrances inévitables causées par notre mépris total les uns envers les autres et pour la Création.

Nous avons participé à la COP30 non pas en tant que politicien·ne·s ou scientifiques, mais en tant que catholiques contribuant à la voix prophétique de celles et ceux qui étaient réunis. Et quelle belle communauté de foi nous avons trouvée là-bas ! La COP30 a été sans précédent en termes de présence et de voix de l’Église. Encouragée par l’appel lancé avant la COP30 par les conférences épiscopales continentales d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie, l’Église était omniprésente à Belém. Que ce soit lors d’événements parallèles dans les espaces officiels des Nations Unies des zones bleue et verte, dans les ateliers populaires du Sommet des peuples, dans les sanctuaires des églises et des cathédrales, ou dans les rues mêmes avec les 70 000 personnes qui ont défilé d’une seule voix le 15 novembre, l’Église était présente. Du moins, l’Église du Sud global était présente. Je suis à la fois fier et triste que la seule conférence épiscopale du Nord global que nous ayons vue présente à la COP30 ait été celle de notre propre pays, le Canada.

Un jour, pendant le diner, une idée a germé à Belém : nous devrions rassembler cette voix catholique dans une déclaration à la fin de la COP30 qui pourrait être partagée avec l’Église mondiale et diffusée à toutes les personnes de bonne volonté.

Avec une rapidité qui tenait certainement du Saint-Esprit, la déclaration a été rédigée et signée en moins de trois jours par 800 personnes. Parmi elles figuraient cinq cardinaux, 23 évêques et plus de 80 organisations catholiques de 30 pays différents présentes à la COP30. Elle a également reçu le soutien de 300 autres organisations catholiques de 40 pays différents.

Je vous encourage toutes et tous à lire (et à partager !) l’intégralité de la déclaration, mais j’en partage ici un extrait :

Alors que nous poursuivons ce cheminement de conversion écologique, nous demandons la grâce de prendre davantage soin de la création, de marcher dans une solidarité plus profonde les uns avec les autres et de grandir dans le courage nécessaire pour répondre fidèlement aux défis urgents de notre temps, qui nous touchent toutes et tous, mais surtout les femmes, les jeunes, les migrants, les peuples autochtones et les plus marginalisés. Comme le pape Léon vient de nous le rappeler : « Nous marchons aux côtés des scientifiques, des dirigeants et des pasteurs de toutes les nations et de toutes les confessions. Nous sommes les gardiens de la création, pas des adversaires qui se disputent son butin. »

Belém se traduit en français par Bethlehem. Je ne vois aucun autre endroit plus approprié pour que l’Église prophétique se joigne à la voix dans le désert alors que nous préparons le chemin du Seigneur en cette période de l’Avent.

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