Réflexion hebdomadaire du 2e dimanche du Carême (1er mars 2026)

Réflexion hebdomadaire - semaine 2 - Carême 2026

Lecture :

Genèse 12, 1-4a
Psaume 32 (33)
2 Timothée 1, 8b-10
Matthieu 17, 1-9

Un monde transfiguré : la grâce transformatrice de la justice écologique

Par sœur Priscilla Solomon, membre ojibwée de la nation Anishinabek et sœur de Saint-Joseph de Sault-Ste-Marie

La Parole de Dieu nous appelle continuellement à la justice écologique en vivant fidèlement et sincèrement l’écologie intégrale. Vivre dans la justice, c’est honorer le caractère sacré, la dignité, la beauté et les relations inhérentes à toute l’œuvre de Dieu. Dieu aime et rend justice à toute sa création. Nous devons faire de même. Vivre l’écologie intégrale et œuvrer pour la justice écologique implique également de reconnaître l’incapacité des humains à percevoir l’interdépendance de toute la création et notre dépendance vis-à-vis des autres êtres vivants. Cela signifie reconnaître notre injustice écologique personnelle et sociétale, et être disposés à être transformés par la grâce. Cela signifie contribuer à la guérison et à la restauration du monde naturel. Cela nous invite à répondre de manière active et créative à la fois au « cri des pauvres et au cri de la terre ».

Les Écritures du deuxième dimanche de Carême ne semblent pas aborder directement l’injustice écologique, ni nous appeler à la justice écologique. Pourtant, dans Laudato Si’, le pape François a enseigné que : « L’écologie étudie les relations entre les organismes vivants et l’environnement où ceux-ci se développent. Cela demande de s’asseoir pour penser et pour discuter avec honnêteté des conditions de vie et de survie d’une société, pour remettre en question les modèles de développement, de production et de consommation. Il n’est pas superflu d’insister sur le fait que tout est lié. » (LS §138, italiques ajoutés).

La plupart des priorités humaines dans les pays aujourd’hui plus stables économiquement créent une disharmonie et un déséquilibre dans la répartition des biens et des ressources. Pendant ce temps, celles et ceux qui vivent dans des régions moins stables, y compris le monde non humain, souffrent d’exclusion, de dégradation et de destruction de l’environnement, d’un manque de ressources adéquates et de luttes constantes pour la survie, une vie saine et le bien-être social et communautaire. Comment réagir ? Saint Paul nous dit : « ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération » (2 Timothée 1, 7). Ce sont là les dons dont nous avons besoin pour agir, pour changer radicalement notre mode de vie consumériste afin que toutes et tous puissent vivre.

Notre réponse consiste non seulement à agir, mais aussi à participer à un voyage. Dieu a dit à Abram : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. » (Genèse 12, 1) Abram a quitté ce qui lui était familier, ce qu’il aimait et ce à quoi il tenait pour se diriger vers une réalité inconnue. Cela n’a été possible que parce qu’il faisait confiance à celui qui l’avait appelé à partir. Notre foi nous enseigne que c’est le même Dieu qui nous appelle à quitter notre sécurité, notre confort familier et nos possessions pour voyager vers une terre intérieure, une terre spirituelle, où nous pouvons voir les injustices. C’est un espace où nous devons faire preuve d’honnêteté pour remettre en question les déséquilibres, les torts que nous causons et les injustices des systèmes biaisés que nous acceptons. Ensuite, nous devons avoir le courage et la sagesse d’agir, d’entreprendre le voyage nécessaire. C’est un voyage qui nous mène de l’indifférence et de l’inaction à la conscience écologique et à un engagement pour toute notre vie.

Dieu a promis à Abram qu’il recevrait des bénédictions et serait une source de bénédictions. À l’instar d’Abram, nous recevrons des bénédictions si nous réduisons notre impact écologique et œuvrons à la création d’un monde plus équitable. Nous serons une source de bénédictions pour celles et ceux qui souffriront moins et recevront davantage. Nous pouvons, et peut-être le ferons-nous, être une source de bénédictions pour la Terre en réduisant notre consommation de combustibles fossiles et de biens superflus, en nous engageant dans la lutte contre les changements climatiques et en contribuant au travail de Développement et Paix ― Caritas Canada.

Enfin, parlant de la transfiguration de Jésus, saint Matthieu dit : « Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. » (Matthieu 17, 2) Jésus rayonnait de lumière. L’homme, Jésus, que ses disciples connaissaient bien, fut transfiguré, révélant son identité en tant que Lumière. Sa divinité resplendissait.

Cela peut être une métaphore utile. Dieu réside dans toute la création et la soutient. Jésus a donné sa vie pour toute la création. Son esprit l’anime. Cependant, nous ne sommes pas souvent conscient·e·s de cette présence. C’est comme si nous avions des yeux, mais que nous ne voyions pas la Lumière. Sa transfiguration a également transformé ses vêtements. Ils brillaient eux aussi d’un éclat éblouissant. Métaphoriquement, les vêtements représentent toute la création elle-même. Grâce à la présence de Dieu en elle, elle brille également d’une lumière éblouissante que nous ne voyons pas facilement. La grâce transformatrice de la justice écologique est l’énergie et le don qui peuvent nous donner le pouvoir de voir comme Dieu voit, de prendre soin comme Dieu prend soin et d’agir avec justice comme Dieu le fait. Avec le psalmiste, nous dirons :

« Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

Que la crainte du Seigneur saisisse la terre,
que tremblent devant lui les habitants du monde ! 
» (Ps. 32 (33))

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