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Notre action aux Philippines

La situation

Ancienne colonie espagnole qui a ensuite été sous occupation américaine, les Philippines ont officiellement obtenu leur indépendance en 1946. De 1965 à 1986, le pays a été sous la dictature du président Ferdinand Marcos, dont le régime était entaché d’allégations de corruption. Son règne de deux décennies a entraîné une dévastation économique, une crise inflationniste et une dette extérieure galopante. La richesse s’est retrouvée extrêmement concentrée entre les mains d’une minorité, tandis qu’une grande partie de la population souffrait d’une extrême pauvreté. La loi martiale a permis le recours à une force excessive, des violations généralisées des droits humains et l’oppression des minorités, des membres de l’opposition, des personnes communistes présumées et des citoyennes et citoyens ordinaires.

En février 1986, des milliers de personnes manifestantes ont renversé Marcos lors de ce qui est devenu connu sous le nom de « Révolution du pouvoir populaire ». Une génération plus tard, le fils du dictateur déchu, Marcos Jr. (alias Bongbong), est devenu le 17e président des Philippines après avoir remporté une majorité écrasante aux élections de mai 2022. Il a remplacé le populiste controversé Rodrigo Duterte, dont la « guerre contre la drogue » avait fait entre 12 000 et 30 000 victimes depuis son élection en 2016. Duterte fait actuellement l’objet d’une enquête de la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes présumés contre l’humanité commis au cours de sa campagne antidrogue entre novembre 2011 et mars 2019. La période couverte par l’enquête est limitée car, bien que les Philippines soient devenues partie au Statut de Rome en 2011, elles s’en sont retirées en 2018, leur retrait prenant effet un an plus tard.

Malgré les enquêtes de la CPI, Marcos Jr. n’a pas mis fin à la « guerre contre la drogue » de Duterte.

Des centaines de personnes continuent d’être tuées dans le cadre de violences liées à la drogue perpétrées tant par les forces de l’ordre que par des assaillants non identifiés. Comme auparavant, la plupart de ces affaires ne font toujours pas l’objet d’enquêtes. Le gouvernement de Marcos continue également de recourir à la pratique pernicieuse, vieille de plusieurs décennies, du « red-tagging (Marquage rouge) », qui consiste à qualifier toutes les détractrices et détracteurs du gouvernement : militant·e·s, syndicalistes, défenseuses et défenseurs de l’environnement, dirigeant·e·s autochtones, étudiant·e·s, journalistes, de communistes et/ou de partisan·e·s de la Nouvelle Armée populaire communiste. Le « red-tagging » précède souvent des arrestations arbitraires, des détentions, des poursuites sur la base de fausses accusations, voire des enlèvements et des meurtres. Le 8 mai 2024, la Cour suprême des Philippines a rendu un arrêt historique, déclarant que le « red-tagging » constituait une menace pour la vie, la liberté et la sécurité des personnes.

Au cours des dernières décennies, les Philippines ont été prises dans deux conflits armés majeurs, l’un à Mindanao contre le Front de libération Moro islamiste, et l’autre impliquant le Front démocratique national, une insurrection communiste à l’échelle nationale. En 2014, le gouvernement philippin a mis fin à des décennies de séparatisme acharné en signant un accord de paix avec le Front de libération islamique Moro. Cela a permis aux habitants de la région autonome du Bangsamoro dans le Mindanao musulman, créée en 2019, d’élire pour la toute première fois leurs propres représentant·e·s parlementaires lors des élections de mai 2025.

Notre travail aux Philippines

Justice écologique | Ecological justice icon
Justice écologique
Paix et réconciliation | Peace and rconciliation
Paix et réconciliation
Axe thématique : Participation citoyenne | Area of focus: Citizen participation icon
Participation citoyenne
Aide humanitaire | Humanitarian aid icon
Aide humanitaire

Jusqu’à l’indépendance du Timor oriental en 2002, les Philippines étaient le seul pays d’Asie à majorité catholique. C’est le cinquième pays le plus pauvre d’Asie du Sud-Est et le pays le plus exposé aux catastrophes naturelles. Développement et Paix – Caritas Canada participe au travail de développement aux Philippines depuis plus de 40 ans.

Notre engagement aux Philippines a commencé par notre adhésion au Partenariat asiatique pour le développement humain (PADH). Fondé en 1973, le PADH regroupe 23 organisations catholiques de développement d’Asie, d’Europe, du Canada, d’Australie et de Nouvelle-Zélande qui mettent en commun leurs ressources pour soutenir des programmes de développement en Asie du Sud-Est. Avec la levée de la loi martiale et la chute du régime Marcos, Développement et Paix – Caritas Canada a commencé à développer des partenariats directs pour apporter un soutien solidaire aux organisations philippines.

Nos programmes sont axés sur :

  • La gestion et le contrôle des ressources naturelles, la réforme agraire et l’exploitation minière ;
  • La résistance à l’accaparement des terres ;
  • La justice écologique et l’adaptation aux changements climatiques dans une perspective de justice sociale ;
  • La résolution des conflits et le rétablissement de la paix par le dialogue entre les peuples.

Plus récemment, en collaboration avec quatre partenaires du Consortium Francesco, nous avons soutenu les survivant·e·s du super typhon Haiyan (Yolanda) en créant l’association des propriétaires du village du pape François. Cette initiative a abouti à la création d’un village entièrement nouveau et au développement d’une communauté résiliente, autonome et organisée. Ce processus a d’ailleurs fait l’objet du documentaire primé Après la tempête : Construire le village du pape François.

Depuis 1970, Développement et Paix – Caritas Canada travaille avec un partenaire qui utilise l’organisation communautaire pour créer des organisations de masse populaires, démocratiques et non violentes dans tout le pays. Ces organisations permettent aux personnes démunies d’élaborer, de défendre et de mettre en œuvre des stratégies visant à revendiquer leurs droits et à améliorer leur sort, par exemple, en défendant l’accès à la terre, en modifiant la législation, en procédant à des réinstallations appropriées et en améliorant la qualité de vie des personnes.

Ce partenaire aide les communautés appauvries à évaluer leur situation, à élaborer leurs propres solutions et à agir pour améliorer leur vie et celle de leurs voisines et voisins. Il donne aux gens les moyens de vivre ensemble en paix, de s’entraider, d’apprendre les uns des autres et de trouver des solutions locales à leurs problèmes. Il peut s’agir de mesures de préparation aux catastrophes, d’agriculture urbaine, d’accès et de gestion de l’eau, de microfinancement, de stratégies alternatives, de prévention des expulsions et de la fourniture d’un soutien professionnel, souvent bénévole, pour aider les gens dans ces processus. Ce type d’organisation aide les communautés à devenir plus confiantes et plus compétentes à mesure qu’elles se développent, passant d’organisations de base comptant seulement 100 membres à des associations et fédérations de plus grande envergure. Au fil des ans, ce processus a produit des leaders qui sont respectés par le gouvernement et la société civile pour leur compréhension des problèmes et leur capacité à représenter les opinions de leur peuple.

Quelle est la prochaine étape de notre travail ?

Deux projets reliés à la reconstruction des communautés post-Haiyan sont actuellement en développement. Également, des discussions sont en cours pour appuyer un projet sur la construction de la paix au niveau communautaire.  

Ressources

Documentaire Après la tempête : construire le village du pape François

Filmé sur 3 ans, ce documentaire de Développement et Paix – Caritas Canada de 45 minutes, est un voyage émouvant auprès des communautés côtières pauvres des Philippines, qui ont tout perdu après le passage du super typhon Haiyan. Lorsque des organisations locales, soutenues par Développement et Paix – Caritas Canada, se rendent sur place pour travailler auprès de ces communautés, elles y trouvent des survivantes et des survivants dépossédés de tout, vivant dans des tentes, dépendants de l’aide et menacés d’éviction des terres où ils ont toujours vécu.

Mais que se passe-t-il lorsque vous réunissez les gens ensemble ? Lorsqu’ils retrouvent leur voix et ont la chance d’être entendus ? Quand ils savent de quelle manière agir ?

Vous trouverez les réponses à ces questions dans Après la tempête, et verrez la manière dont Développement et Paix s’attache à agir avec 550 familles pour faire émerger d’un coin de terre, de nouvelles maisons, une nouvelle communauté et bâtir de nouvelles vies.

Notre documentaire a reçu le prix d’excellence 2019 pour une production audiovisuelle de l’Association des médias catholiques et œcuméniques (AMéCO). 

Organisez une projection

Si vous avez aimé ce documentaire, partagez-le en organisant une projection avec vos amis, votre famille ou votre communauté. Vous pouvez également vous en servir pour organiser un événement de collecte de fonds ! Voici quelques ressources pour vous aider à organiser votre projection.

Des questions ? N’hésitez pas à communiquez avec l’un de nos bureaux régionaux si vous souhaitez obtenir plus de renseignements sur l’organisation d’un événement en utilisant le documentaire ou si vous souhaitez tout simplement en savoir plus sur le travail de Développement et Paix – Caritas Canada aux Philippines ou à travers le monde.

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