Par Ikenna Kingsley Alozie, ambassadeur jeunesse pour la région Atlantique


Introduction
Du 18 au 22 octobre 2025, j’ai participé à « Hunger on the Hill » (voir billet Instagram en anglais), une conférence annuelle organisée à Ottawa par la Banque canadienne de grains (voir site Web en anglais) afin de mettre en lumière la lutte contre la faim. L’événement a rassemblé des partenaires, des militant·e·s et des organisations confessionnelles de tout le Canada, tous unis par un objectif commun : mettre fin à la faim dans le monde et renforcer la justice alimentaire à l’échelle mondiale. La conférence a réaffirmé l’objectif que Développement et Paix – Caritas Canada (DPCC) partage avec la Banque canadienne de grains, dont il est membre : créer un monde où chaque personne peut vivre dans la dignité, à l’abri de la faim et de la pauvreté.
Jour 1 – Réflexion sur la lutte contre la faim et découverte de la Banque canadienne de grains
La conférence a débuté par une séance de réflexion sur la parabole du semeur, qui soulignait comment de petits gestes, comme planter une graine, peuvent donner naissance à quelque chose qui nourrit et soutient la vie. Cette métaphore résumait l’essence même du plaidoyer : comment de petits efforts constants peuvent mener à une transformation mondiale. Nous avons également revisité l’histoire de la Banque canadienne de grains, ses racines origines ancrées dans la foi et son rôle de longue date dans l’aide alimentaire, la résilience et le plaidoyer.
La séance nous a permis d’approfondir notre compréhension de l’aide publique au développement (APD) et a mis en évidence pourquoi le soutien continu du Canada aux programmes d’aide mondiaux reste essentiel dans la lutte contre la faim et la pauvreté. Tout au long de la journée, et d’ailleurs durant toute la conférence, les personnes participantes ont collaboré au sein d’équipes de groupe assignées. Ces groupes ont fourni des espaces de réflexion commune, de collaboration et de préparation pour nos réunions ultérieures avec les personnes députées.
Jour 2 – Paysage politique et sécurité alimentaire
La deuxième journée a été consacrée à la compréhension du contexte politique canadien et des divers points de vue des principaux partis sur les questions de développement international, de commerce et de priorités humanitaires. Nous avons examiné les positions du Parti libéral, du Parti conservateur, du NPD, du Parti vert et du Bloc québécois, en relevant à la fois les convergences et les tensions autour de l’aide internationale et de la sécurité alimentaire.
Alors que certains acteurs politiques privilégient le commerce et les dépenses de défense, les discussions ont rappelé que la sécurité alimentaire mondiale et l’aide humanitaire restent au cœur du leadership moral et mondial du Canada. Nous avons également exploré le concept de systèmes alimentaires résilients et de cadres qui vont au-delà de l’aide d’urgence immédiate afin de donner aux communautés des pays partenaires les moyens de devenir autonomes, adaptables et durables face aux changements climatiques et aux défis économiques.
Jour 3 – Tables rondes sur la justice alimentaire et plaidoyer
La troisième journée a été marquée par une table ronde passionnante réunissant les responsables d’organisations œuvrant dans le domaine de la justice alimentaire et du développement durable. Les intervenant·e·s nous ont exhortés à ancrer notre plaidoyer dans nos expériences personnelles et à raconter des histoires qui touchent émotionnellement les décideuses et décideurs politiques et suscitent leur empathie.
Nous avons compris que le plaidoyer ne se limite pas au lobbying formel, mais qu’il s’agit d’un acte quotidien. En incarnant les valeurs de compassion, de bonne gestion et de justice, nous devenons des défenseuses et défenseurs visibles du changement. Les voix des Canadiennes et Canadiens, unies dans la sensibilisation et l’action, peuvent maintenir la lutte contre la faim dans le monde au premier rang des priorités nationales.
Jour 4 – Engagement parlementaire, réflexion et clôture

Le 21 octobre fut un moment fort de la conférence. La journée a commencé par une visite de la Colline du Parlement, où nous avons assisté à la période de questions. Cette observation directe nous a permis de mieux comprendre la façon dont les priorités nationales sont débattues, notamment celles liées au commerce, à la défense et à l’aide internationale.
Plus tard dans la journée, notre groupe a rencontré trois député·e·s : Bardish Chagger, Scott Anderson et Richard Bragdon. Chaque rencontre, d’une trentaine de minutes, a offert l’occasion d’échanger sur le rôle du Canada dans la lutte contre la faim au niveau mondial. Nos discussions ont porté sur :
- L’importance de systèmes alimentaires résilients qui ne se limitent pas à fournir de l’aide, mais qui renforcent l’autonomie et la capacité d’adaptation des communautés partenaires ;
- La nécessité pour le Canada de maintenir ses engagements en matière d’aide humanitaire et d’aide au développement, face à la montée de la faim mondiale et aux défis climatiques ;
- Le devoir moral du Canada de demeurer un leader en matière de justice, de solidarité et de développement durable.
Les trois personnes députées se sont montrées réceptives et ont participé activement à la discussion, exprimant leur appréciation pour nos points de vue et réaffirmant leur conscience des responsabilités mondiales du Canada.
La conférence s’est terminée par un dîner collectif et une séance de clôture, où les participant·e·s ont partagé leurs réflexions sur leurs rencontres avec les député·e·s, célébré les réalisations de la semaine et exprimé leur gratitude pour les liens tissés.
Ces échanges finaux ont renforcé notre engagement envers l’objectif commun de d’éradiquer la faim dans le monde et de bâtir une solidarité mondiale plus forte. La semaine s’est terminée sur une note d’espoir : chaque personne est repartie inspirée, connectée et déterminée à poursuivre ce travail de plaidoyer au-delà de l’événement.
Conclusion : l’impératif de mettre fin à la faim dans le monde
Cette conférence à Ottawa a été une expérience transformatrice qui a ravivé notre détermination collective à lutter contre le problème urgent de la faim à la fois par l’aide humanitaire et l’autonomisation. En tant que membre et partenaire clé de la Banque canadienne de grains, DPCC continue de promouvoir les valeurs de compassion, de justice et de développement humain intégral.
Notre mission ne se limite pas à nourrir les personnes affamées : elle consiste à permettre aux communautés de s’épanouir et à garantir que chaque personne puisse vivre dans la dignité. Mettre fin à la faim dans le monde n’est pas seulement un objectif politique, c’est un devoir moral qui reflète notre foi et notre humanité commune. Par un plaidoyer constant, des partenariats solides et des actions concrètes, nous pouvons transformer les graines d’espérance en récolte mondiale de justice et de paix.