Des ambassadrices jeunesse impliquées pour la Semaine du développement international !

Par Ana Sofia Lopez Lara, ambassadrice Jeunesse pour l’Ontario, et Djenabou Diallo et Narcia Rokotomalala, ambassadrices jeunesse pour le Québec et le Nouveau Brunswick francophone.

Activity IDW

Depuis 1991, la première semaine de février a été désignée comme la Semaine du développement international (SDI) pour célébrer et mettre de l’avant les contributions du Canada en matière de développement international. Cette année, dans le cadre de la SDI, nous : Ana Sofia Lopez Lara, ambassadrice jeunesse pour la région d’Ottawa et Djenabou Diallo, ambassadrice jeunesse pour la région de Gatineau, avons représenté Développement et Paix – Caritas Canada (DPCC) à l’Université d’Ottawa en animant un atelier intitulé « Construire des ponts pour la justice dans un monde globalisé. » Plus qu’une simple activité universitaire, cet atelier s’est voulu un véritable espace de réflexion collective, à un moment où l’actualité mondiale peut sembler lourde, violente et parfois difficile à saisir.

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Nous avons choisi d’aborder ces enjeux à travers une activité immersive inspirée du format « Exploitation minière d’un biscuit » (Cookie Mining). L’objectif était de rendre concrètes des réalités souvent perçues comme abstraites : l’appropriation des terres, l’extractivisme, les logiques de profit et leurs conséquences sur les communautés du Sud global. À travers cette simulation, les personnes participantes ont été invitées à construire un « territoire », puis à vivre ce que signifie le voir endommagé ou confisqué au nom du développement.

Ce qui rend cette activité particulièrement marquante, c’est sa dimension profondément personnelle. En quelques minutes, les dynamiques de pouvoir prennent forme et les sentiments d’injustice, parfois même de perte, émergent. Le développement cesse alors d’être une notion théorique pour devenir une expérience vécue. Ce qui a particulièrement marqué plusieurs d’entre nous, c’est la rapidité avec laquelle certaines personnes étaient prêtes à sacrifier les autres dès qu’une « récompense » entrait en jeu. La promesse d’un prix a poussé les participant·e·s à extraire davantage, même lorsque cela impliquait de nuire à une communauté qui n’était pas la leur. Cela a ouvert une discussion essentielle : que signifie réellement le développement en 2026 ? Qui en bénéficie ? Et qui en paie le prix ?

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Les 14 personnes étudiantes présentes se sont montrées engagées, curieuses et actives tout au long de l’activité. Plusieurs participant·e·s ont souligné le caractère créatif, innovant et accessible du format, notant que le jeu facilitait la compréhension d’enjeux complexes et favorise un dialogue plus ouvert. Pour Djenabou, qui animait là son premier événement de ce type, cette expérience a été profondément motivante et a renforcé l’envie de continuer à créer des espaces où l’on apprend en réfléchissant ensemble.

Ana-Sofia pour sa part a vécu cet atelier comme un moment porteur d’espoir. Ce jour-là, une tempête a traversé Ottawa avant de laisser place au soleil, une image presque symbolique. Son intention en facilitant cet atelier était simple : offrir un espoir ancré dans le réel qui pose une question essentielle : que puis-je faire, ici et maintenant ? Comme elle l’a souligné, le développement est complexe et la justice ne se construit pas instantanément. Mais nous ne sommes pas impuissant·e·s. Nous sommes appelé·e·s à être une lumière dans la petite portion du monde qui nous est donnée, à utiliser nos talents, nos voix et notre compassion dès maintenant et non un jour, après l’obtention d’un diplôme ou d’un titre.

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À la suite de l’atelier, plusieurs étudiantes ont partagé que cet atelier faisait partie des rares espaces où elles se sentaient à l’aise de s’exprimer.

C’est précisément pour cette raison que l’engagement jeunesse au sein de Développement et Paix – Caritas Canada est essentiel. Les jeunes ont besoin de lieux où elles et ils peuvent nommer l’injustice, la ressentir, la questionner et, malgré tout, être invité·e·s à espérer et à agir.

Du côté de Montréal, Narcia Rokotomalala, ambassadrice jeunesse pour la région de Montréal a participé les 4 et 5 février à deux panels impliquant des jeunes. Elle nous raconte son expérience.

Jeunes en action : Analyse critique du Sommet des peuples et de la COP 30

Panel AQOCI
Les panélistes (de gauche à droite) : Katherine Robitaille (animatrice du panel), Marie-Jeanne Eid, Hadishrayen Diego Gros-Louis, Samuel Rainville et Albert Lalonde.  

J’ai assisté à un panel organisé par l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), portant sur les témoignages de jeunes ayant pris part à la COP30 et au Sommet des peuples, tenus à Belém, au Brésil, en novembre 2025. 

Cette activité visait à mettre en lumière la place et le rôle des jeunes dans les espaces de participation internationale et leur capacité d’influence dans les dynamiques de justice climatique. 

Enjeux, mobilisations et pouvoir d’influence des jeunes 

Plusieurs enjeux prioritaires ont été portés par les jeunes lors de la COP30, notamment l’accès aux terres, la protection des droits des peuples vulnérabilisés et l’accès équitable aux ressources naturelles. L’inclusion des femmes dans les processus décisionnels en matière de justice climatique a également été mise de l’avant, en particulier à travers le renouvellement du Gender Action Plan (GAP), un document stratégique visant à intégrer une perspective de genre dans l’ensemble des actions climatiques. Le Canada étant signataire de ce plan, les jeunes ont souligné notre rôle de veille et de mobilisation afin d’en assurer l’engagement.  

Les panélistes ont mis en lumière le pouvoir spécifique des jeunes au sein des COP, soit un pouvoir relationnel et de revendication, fondé sur la création de réseaux, l’internationalisme et la capacité d’interpeller directement des décideurs politiques. Ces espaces permettent d’établir des dialogues susceptibles de mener à des initiatives concrètes au bénéfice des communautés, sans attendre l’intervention directe des gouvernements. 

Implications pour le programme jeunesse et le plaidoyer 

La participation à ce panel a confirmé la pertinence du programme jeunesse de Développement et Paix – Caritas Canada et son rôle dans l’accompagnement des jeunes pour transformer leur engagement en actions durables et porteuses d’impact.  

Cette activité a également nourri ma réflexion sur les stratégies de plaidoyer en rappelant l’importance des actions locales pour influencer les processus diplomatiques internationaux. Elle m’a permis de mieux comprendre l’importante du rôle de DPCC comme acteur facilitateur de la relève engagée, capable de porter des revendications collectives pour un monde plus juste, solidaire et durable. 

Panel et réseautage : « Génération engagée : parcours inspirants et relève en action »  

SUCO panel
De gauche à droite, les panelistes : Maureen Ogeard (animatrice du panel)François Colinet, Alice Boisvert, Martín Portocarrero Inicio, Francesca Ross, Véronique Leclerc 

En compagnie de Lea Mannari, agente de programme jeunesse 18-35 ans à DPCC, j’ai également assisté au panel organisé par SUCO, organisation de coopération internationale basée à Montréal et membre également de l’AQOCI.  

Le panel a débuté par une reconnaissance territoriale, suivie de témoignages de jeunes aux parcours diversifiés, engagés à différentes échelles et dans divers milieux, mais unis par une volonté commune de contribuer à la construction d’un monde plus solidaire, équitable et durable. 

Des jeunes plus engagés et motivés  

Les échanges ont mis en lumière plusieurs éléments clés de l’engagement jeunesse. Parmi les motivations principales, les panélistes ont souligné le désir de transformer l’angoisse et l’anxiété face aux crises actuelles en actions concrètes porteuses de changement. L’engagement des jeunes découle également, dans bien des cas, de leur participation à de grands événements, tant personnels que professionnels, qui agissent comme déclencheurs. 

Il a été mentionné que les jeunes d’aujourd’hui sont particulièrement sensibles aux enjeux sociaux, environnementaux et politiques, notamment en raison de l’influence des réseaux sociaux et de l’accès accru à l’information. Peu importe leur domaine d’études, cette génération démontre une conscience accrue des réalités mondiales. Si les luttes demeurent similaires à celles des générations précédentes, les moyens d’action et de mobilisation ont toutefois évolué. 

Le panel a également abordé la possibilité de faire le pont entre le bénévolat et une carrière professionnelle, en soulignant que chaque implication constitue une occasion d’apprentissage et de développement de compétences. L’engagement citoyen a ainsi été présenté comme un atout important, tant sur le plan personnel que professionnel, que les jeunes ne devraient pas sous-estimer. 

Réseautage et rôle de DPCC

Activity IDW

L’évènement s’est conclu par une activité de réseautage informelle, permettant aux personnes participantes d’échanger avec différentes organisations et de partager leurs expériences. Lors de ces échanges, j’ai constaté que, malgré la diversité des milieux représentés, de nombreux jeunes partagent un désir profond de contribuer à leur communauté et de provoquer des changements concrets, sans toujours savoir par où commencer. À cet égard, le programme jeunesse de Développement et Paix – Caritas Canada s’est révélé être une initiative particulièrement pertinente pour accompagner les jeunes dans leur parcours d’engagement et soutenir leur mobilisation. 

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