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L’atelier « La foi en action » tisse une toile d’amour

Par Ana Sofía Lopez Lara, ambassadrice jeunesse pour Ottawa

Faith in action
Foi en action
En partageant leurs réflexions et leurs motivations tout en se passant une pelote de laine, les participant·e·s à l’atelier ont tissé entre eux un réseau de liens. (Ana Sofía Lopez Lara)

Le 3 mai 2026, une vingtaine de jeunes adultes ont participé à « La foi en action », un atelier d’une demi-journée organisé à la Sagrada Familia, une paroisse hispanophone d’Ottawa, en Ontario, par le conseil diocésain local de Développement et Paix – Caritas Canada (DPCC).

Comme je devais parler de DPCC et de l’enseignement social de l’Église, j’avais un peu peur. Comment les personnes participantes allaient-elles accueillir mon message ? Allaient-elles se sentir mal à l’aise ? Allaient-elles le trouver « trop politique » ? Allaient-elles mal interpréter la mission de l’Église ?

Mes craintes étaient infondées. Les jeunes se sont montrés à l’écoute, ouvert·e·s et réfléchi·e·s. Ils avaient à cœur de comprendre ce que signifie servir, sortir de leur zone de confort et mettre leurs talents au service des autres. Ils ont prouvé que les jeunes ont soif d’authenticité et d’une foi vivante.

La foi en action : à partir de la Parole

Quelques mois auparavant, j’avais participé à une mission des Sœurs de la Présentation dans le Chocó, près de la jungle du Darién, en Colombie. Là-bas, aux côtés de Sœur Lisneys Banquet, au sein de communautés oubliées du monde mais pas de l’Église, j’ai compris ce que signifie aimer les plus vulnérabilisés. Je lui ai fait part de mon désir d’aider les jeunes catholiques à découvrir la justice sociale comme un idéal ancré dans l’Évangile. Son conseil était simple : « Commence par la Parole de Dieu. »

Et c’est exactement ce que nous avons fait.

Nous avons conçu « La foi en action » autour d’une réflexion et d’un témoignage de Sœur Lisneys axés sur cette exhortation de l’Évangile : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres » (Jean 13, 34).

La foi en action : un appel à l’amour

La réflexion nous a invité·e·s à redécouvrir l’amour auquel Jésus nous appelle, un amour à la fois vertical et horizontal. Elle a évoqué la foi non seulement comme le fait de tourner son regard vers le ciel pour son salut personnel, mais aussi comme celui de se tourner vers les autres ; et la Croix elle-même devenant notre chemin d’amour, le cœur tourné vers le ciel et les pieds enracinés sur la terre.

La sœur nous a rappelé que nous sommes appelés à devenir les pieds de Jésus, marchant avec les autres et guidant celles et ceux qui se sont égarés ; ses mains, soulevant et embrassant les pauvres ; ses oreilles, écoutant celles et ceux qui souffrent ; sa voix, proclamant l’espoir et la justice ; et son cœur, aimant tout le monde sans exception.

La foi en action : un réseau de liens

L’atelier s’est poursuivi par une activité simple, mais pleine de sens. Debout en cercle, les personnes participantes se sont passé une pelote de laine. À chaque fois qu’elles la recevaient, chacune disait son nom, partageait une leçon tirée de la réflexion sur l’Évangile et une action vers laquelle elle sentait que Dieu l’invitait. Peu à peu, la laine a formé une toile qui nous reliait toutes et tous.

Nous avons compris quelque chose de magnifique : qu’aucun·e d’entre nous n’est seul·e, que nous sommes responsables les uns des autres, que chaque personne est un cadeau et que la mission se compose de petits gestes d’amour vécus ensemble.

Ce message a profondément résonné en moi.

La foi en action : une prise de conscience personnelle

J’ai quitté Bogotá, en Colombie, pour m’installer au Canada à l’âge de 12 ans, en 2017. À l’époque, ma foi était encore immature ; je la pratiquais davantage par habitude que par conviction. Comme beaucoup d’adolescent·e·s, je voulais m’intégrer, être acceptée. Peu à peu, j’ai commencé à perdre le sens de mon identité et la signification de ma foi.

Tout a basculé durant ma première année du CÉGEP, lorsque j’ai participé à un atelier de DPCC sur l’exploitation minière au Honduras qui m’a profondément touché. Cela m’a rappelé cette nounou en Colombie, que je considère comme une seconde mère, dont la famille a été déplacée à cause d’une mine d’émeraudes.

Tout à coup, l’injustice n’était plus une réalité lointaine ; elle avait un visage, une histoire. J’ai senti que le Saint-Esprit m’invitait à sortir de ma zone de confort. J’ai compris que ma foi ne pouvait pas se limiter à une spiritualité privée dans une église. Il fallait que ce soit une foi en action.

J’ai donc créé un club de justice sociale au CÉGEP qui organisait des ateliers, des campagnes et des vidéos sur Laudato Si’, la solidarité et la foi en action. L’une de ces vidéos a dépassé les 50 000 vues en ligne. J’ai découvert l’évangélisation à travers la créativité, la narration et la communauté.

Ma foi n’était plus seulement un héritage. Elle est devenue véritablement mienne.

La foi en action : des chemins de rencontre

L’année dernière, j’ai participé à un séjour de solidarité organisé par DPCC au Pérou, où j’ai rencontré de jeunes catholiques qui vivaient leur foi à travers la justice et le service. Cette expérience m’a poussé à m’engager dans une mission de bénévolat en Colombie, qui a inspiré l’atelier « La foi en action ».

C’est là que j’ai rencontré celles que j’appelle les « super-héroïnes anonymes », des religieuses qui œuvrent dans des endroits que beaucoup n’oseraient même pas visiter. L’une d’elles travaillait avec Médecins Sans Frontières, accompagnant des familles dans des communautés isolées qui avaient peu ou pas accès aux soins médicaux.

Une autre avait commencé par offrir un toit, du travail et de l’espoir à des veuves et des orphelins, avant de cofonder la Fundación Diocesana Compartir (voir page Facebook en espagnol), qui gère aujourd’hui plus de 80 centres à travers l’Urabá, en Antioquia, une région dévastée par la violence des années 1990. C’était sans doute la personne la plus têtue que j’aie jamais rencontrée, mais son entêtement était fait d’amour et d’une foi en action qui refusait de baisser les bras.

J’ai commencé à comprendre que, bien qu’on le confonde souvent avec le progrès matériel, le développement concerne en réalité la dignité, la communauté, la vie et l’attention portée aux autres. J’ai pris conscience, au prix d’un malaise profond qui a bouleversé ma vie, que le confort dont nous jouissons dans des pays comme le Canada a un coût que d’autres paient. C’est là, parmi les personnes appauvries, déplacées, malades et oubliées, que j’ai rencontré Jésus, non pas comme une idée abstraite, mais comme une présence vivante.

La foi en action : commençons tout simplement

Aujourd’hui, en tant qu’ambassadrice jeunesse, je mobilise les jeunes car je suis convaincue qu’ils possèdent des talents capables de transformer le monde. Je pense qu’il n’est pas nécessaire d’attendre d’avoir obtenu un diplôme, d’avoir acquis de l’expérience ou d’avoir une vie parfaitement organisée pour commencer à s’engager.

Si vous avez des compétences en graphisme, vous pouvez contribuer à une campagne. Si vous parlez une autre langue, vous pouvez accompagner des migrant·e·s. Si vous savez organiser, vous pouvez animer des activités. Si vous maîtrisez les réseaux sociaux, vous pouvez faire entendre des voix qui ne sont pas écoutées.

Dieu n’attend pas que nous ayons tout prévu. Il nous demande simplement de nous lancer.

La foi en action, c’est refuser l’indifférence

Le jeu « Exploitation minière d’un biscuit » (Cookie Mining, le voir en anglais), qui invite à réfléchir sur le consumérisme, les dommages causés à l’environnement et la dignité humaine, a ramené la discussion de l’atelier vers l’Évangile selon Jean.

Nous nous sommes demandé ce qu’exigeait véritablement l’amour et si nous pouvions rester indifférent·e·s face à la souffrance. Nous en avons conclu que la foi en action, c’est refuser de vivre dans l’indifférence et de laisser l’Évangile transformer nos cœurs afin de ne plus voir les autres comme des personnes étrangères, mais comme nos sœurs et nos frères.

C’est peut-être là que commence véritablement la mission : non pas en accomplissant des choses extraordinaires, mais en apprenant à aimer de manière extraordinaire à travers des gestes ordinaires.

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