Depuis le début du conflit armé en mars 2011, la Syrie connaît une crise politique et socio-économique prolongée qui a entraîné une grave détérioration des conditions de vie. Environ 6,8 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays depuis le début de la crise. On estime que près de 90 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et que plus de 12 millions de Syriennes et Syriens souffrent d’insécurité alimentaire. Les revenus ont diminué et l’hyperinflation a creusé le fossé entre les revenus et le coût de la vie. Les prix record des denrées alimentaires, le manque de services de santé publique de base, le recours forcé à des soins de santé privés inabordables, la crise du carburant, les pénuries d’électricité, les changements climatiques et l’isolement international s’additionnent pour créer une grave crise humanitaire.
Le 6 février 2023, un séisme catastrophique de magnitude 7,7 a frappé la région frontalière entre la Turquie et la Syrie, provoquant la mort de plus de 50 000 personnes et la destruction de milliers de bâtiments. Déjà durement touchées par la guerre, Lattaquié, Alep et d’autres villes du nord-ouest de la Syrie ont davantage souffert des secousses violentes. Les infrastructures déjà fragiles ont été dévastées, et aucune machinerie ou équipement n’était disponible pour secourir les personnes coincées sous les décombres. En quelques minutes, des centaines de milliers de personnes ont perdu le peu qu’il leur restait.
Dans toute la Syrie, plus de 7 000 personnes ont péri et plus de 14 500 ont été blessées. Quelque 9 000 bâtiments ont été endommagés à des degrés divers. Parmi eux, des établissements de santé, ce qui a mis à rude épreuve le système de soins. On a récemment constaté une augmentation significative des maladies d’origine hydrique, comme le choléra, car les infrastructures sanitaires ont également été touchées. Le père Tony O’Riordan, directeur du Service jésuite des réfugié·e·s en Syrie, a noté que « le sentiment de sécurité de la population s’est effondré en même temps que de nombreux bâtiments ».
Dans les premières heures critiques, beaucoup ont été aidé·e·s par le Croissant-Rouge arabe syrien, des initiatives locales et quelques ONG qui ont pu réagir rapidement. Un plan plus organisé a ensuite été mis en place par des organisations nationales et internationales. La réponse a consisté à fournir des paniers de nourriture, des couvertures, des matelas et d’autres articles essentiels tels que des kits d’hygiène.
Le 27 novembre 2024, des rebelles du groupe Hayat Tahrir al-Cham, en français : groupe de libération du Levant (HTS), ont pris par assaut Alep. Cette situation est venue bouleverser le peu de stabilité qui régnait dans les rues après des années de conflit dans le pays. Après plusieurs jours de violence, le gouvernement de Bachar al Assad est tombé le 8 décembre, mettant fin à 50 ans de règne de sa famille. Le pays est plongé dans une grande incertitude, chacun se demandant ce que la transition signifiera pour eux.

La crise prolongée en Syrie a laissé des millions de Syriennes et de Syriens dans le besoin. Développement et Paix – Caritas Canada et ses partenaires continueront d’aider la population à répondre à leurs besoins fondamentaux en améliorant leur capacité à gagner des revenus durables et à maintenir leur dignité.
Ne manquez rien sur le travail de nos partenaires internationaux ou sur nos campagnes de sensibilisation et de mobilisation.
Inscrivez-vous dès maintenant à notre infolettre.